Israël a voté cinq fois entre avril 2019 et novembre 2022. Puis la 25e Knesset, élue le 1er novembre 2022, est allée au bout de ses quatre ans, guerre comprise : son mandat s'est achevé le 17 juillet 2026, et l'élection se tient à la date prévue par la loi. Cela n'était pas arrivé depuis la 11e Knesset, celle de 1984-1988 et du gouvernement d'union Peres-Shamir.
## Le favori n'a jamais été élu
Gadi Eisenkot, chef d'état-major de 2015 à 2019, entré en politique en 2022 aux côtés de Benny Gantz, a quitté le gouvernement d'urgence en juin 2024 et fondé son parti, Yashar, en 2025. Il n'a aujourd'hui aucun député. Dans les trois derniers sondages autorisés, publiés le vendredi 23 octobre par Kan, la Chaîne 12 et la Chaîne 13, Yashar arrive en tête avec 22 à 23 sièges. Le Likoud suit avec 19 à 21.
## Le sortant, à onze sièges de la majorité
Benjamin Netanyahou, 77 ans, Premier ministre de 1996 à 1999, de 2009 à 2021 et depuis décembre 2022, brigue un septième mandat. Son bloc, du Likoud à Otzma Yehudit d'Itamar Ben Gvir en passant par le Shas, le Judaïsme unifié de la Torah et le Sionisme religieux, obtient 50 sièges dans les trois sondages. Il lui en manque onze.
En face, le bloc dit du changement, Yashar, la liste commune de Naftali Bennett et Yaïr Lapid, Yisrael Beytenu d'Avigdor Liberman et les Démocrates de Yaïr Golan, est donné entre 52 et 56 sièges. Pas 61 non plus. Les partis arabes, la Liste unie et Ra'am, pèsent 14 à 16 sièges, que personne ne compte dans un bloc. Les Réservistes de Yoaz Hendel oscillent autour du seuil de 3,25 %.
## Midbar dit tout : ce n'est pas la sécurité qui se joue
Les deux hommes qui peuvent devenir Premier ministre sont deux faucons. Eisenkot a contribué à théoriser la doctrine Dahiya et juge la solution à deux États impossible dans le contexte actuel. Gaza, le Hezbollah, l'Iran ne le séparent pas de Netanyahou. Bennett s'oppose à deux États, Liberman réclame le démantèlement de l'Autorité palestinienne.
Bennett s'oppose à deux États, Liberman réclame le démantèlement de l'Autorité palestinienne.
Ce qui se joue mardi est ailleurs : la responsabilité du 7 octobre, avec une commission d'enquête d'État que l'opposition réclame et que Netanyahou refuse ; la conscription des haredim, que Bennett et Lapid veulent universelle ; la réforme de la justice. Pour 68 % des Juifs israéliens, le 7 octobre est un facteur central de leur vote, selon l'Institut israélien de la démocratie.
Sur Polymarket, au 19 octobre, Eisenkot avait 49 % de chances de devenir Premier ministre, Netanyahou 31 %, Bennett 16 %, pour environ 46 millions de dollars misés. Des parieurs, pas des électeurs.
Les bureaux ferment mardi à 22 h, le résultat officiel tombe le 4 novembre. Si personne n'a 61, s'ouvrent des semaines de négociations. Si elles échouent, Israël revote début 2027, Netanyahou restant Premier ministre par intérim.
Deux ans de guerre. Et mardi, sept millions d'Israéliens font la chose la plus normale du monde : ils votent.
*Sources : [Times of Israel, les derniers sondages du 23 octobre](https://www.timesofisrael.com/final-polls-before-election-show-both-blocs-short-of-majority-small-parties-out-of-knesset/) ; [France 24, les candidats face à Netanyahou](https://www.france24.com/fr/moyen-orient/20261022-l%C3%A9gislatives-isra%C3%ABl-qui-sont-principaux-candidats-face-%C3%A0-benjamin-netanyahu-eisenkot-lapid-bennett-golan-liberman) ; [Israel Hayom, une Knesset au bout de son mandat](https://www.israelhayom.com/2026/07/12/israels-next-official-election-date-set) ; [Institut israélien de la démocratie, Israeli Voice Index](https://en.idi.org.il/articles/66177) ; [Jerusalem Post, les cotes Polymarket](https://www.jpost.com/israel-election-2026/article-912111) ; [Al Jazeera, le corps électoral selon la Commission électorale centrale](https://www.aljazeera.com/news/2026/10/20/israels-elections-2026-explained-in-maps-and-charts).*