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Diaspora

Israël en état de grâce en Amérique latine : la revanche silencieuse d'une diplomatie qu'on disait morte

Pendant que les chancelleries européennes rivalisent de communiqués vertueux, Israël reconstruit méthodiquement un bloc d'alliés en Amérique latine. Ce n'est pas un détail exotique : c'est la démonstration que l'isolement d'Israël était un choix européen, pas une fatalité mondiale.

·Source : RFI

RFI le constate avec une pointe d'étonnement : Israël vit un « état de grâce » en Amérique latine. Le continent qui, il y a quelques années encore, servait de tribune privilégiée aux dénonciations les plus véhémentes de l'État juif — rappels d'ambassadeurs, ruptures diplomatiques, discours enflammés à l'ONU — offre aujourd'hui à Jérusalem un réseau de gouvernements ouvertement amicaux, de l'Argentine de Javier Milei au Paraguay, en passant par le retour progressif de plusieurs capitales vers un dialogue normalisé, y compris sur le dossier sensible du transfert d'ambassades à Jérusalem.

Ce basculement mérite mieux qu'une note de bas de page. Il rappelle une vérité que la presse généraliste préfère taire : la mise au ban d'Israël n'a jamais été un verdict de « la communauté internationale ». Elle a été la politique d'un club restreint — quelques chancelleries européennes, une majorité automatique onusienne, un appareil ONG bien financé. Dès qu'un pays change de majorité et cesse de sous-traiter sa politique étrangère à ce club, la relation avec Israël se normalise en quelques mois. L'isolement n'était pas structurel : il était idéologique, donc réversible.

Pour Israël, c'est une victoire stratégique concrète. Ces États pèsent dans les votes onusiens, contrôlent des routes maritimes, achètent de la technologie agricole, hydrique, cyber et sécuritaire. Chaque partenariat rend un peu plus coûteux le réflexe de la condamnation automatique. Pour les communautés juives locales — parmi les plus anciennes et les plus vivantes du continent, de Buenos Aires à Mexico — c'est aussi un bol d'air après des décennies d'ambiguïté officielle, alors que l'attentat de l'AMIA en 1994 reste, lui, toujours impuni.

Et voici l'angle que personne ne souligne. L'Amérique latine n'a pas seulement changé d'avis sur Israël : elle a changé d'avis sur l'Iran. Téhéran y avait patiemment bâti un réseau d'influence — diplomatique, religieux, criminel — dont l'AMIA fut la signature sanglante. Le rapprochement avec Jérusalem est aussi une décision de sécurité intérieure : les gouvernements qui affrontent le narcotrafic et les réseaux du Hezbollah dans la Triple Frontière ont compris qu'Israël était un partenaire de renseignement, pas un problème moral.

L'Amérique latine n'a pas seulement changé d'avis sur Israël : elle a changé d'avis sur l'Iran.

Autrement dit : ce que l'Europe traite comme une question de posture morale, l'Amérique latine le traite comme une question de survie. Devinez qui a raison.

La leçon pour nos communautés francophones est limpide. L'hostilité n'est pas une loi de la nature. Elle se construit — et elle se déconstruit.

#Israël#AmériqueLatine#Diplomatie#Iran#Midbar#Judaïsme

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