Pendant que les chancelleries européennes rivalisent de communiqués vertueux, Israël reconstruit méthodiquement un bloc d'alliés en Amérique latine. Ce n'est pas un détail exotique : c'est la démonstration que l'isolement d'Israël était un choix européen, pas une fatalité mondiale.
RFI le constate avec une pointe d'étonnement : Israël vit un « état de grâce » en Amérique latine. Le continent qui, il y a quelques années encore, servait de tribune privilégiée aux dénonciations les plus véhémentes de l'État juif — rappels d'ambassadeurs, ruptures diplomatiques, discours enflammés à l'ONU — offre aujourd'hui à Jérusalem un réseau de gouvernements ouvertement amicaux, de l'Argentine de Javier Milei au Paraguay, en passant par le retour progressif de plusieurs capitales vers un dialogue normalisé, y compris sur le dossier sensible du transfert d'ambassades à Jérusalem.
Ce basculement mérite mieux qu'une note de bas de page. Il rappelle une vérité que la presse généraliste préfère taire : la mise au ban d'Israël n'a jamais été un verdict de « la communauté internationale ». Elle a été la politique d'un club restreint — quelques chancelleries européennes, une majorité automatique onusienne, un appareil ONG bien financé. Dès qu'un pays change de majorité et cesse de sous-traiter sa politique étrangère à ce club, la relation avec Israël se normalise en quelques mois. L'isolement n'était pas structurel : il était idéologique, donc réversible.


