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Diaspora

Israël–Venezuela : le retour d'un drapeau à Caracas dit tout du basculement en cours

Dix-sept ans après la rupture voulue par Hugo Chávez, Caracas rouvre la porte à Jérusalem. Ce n'est pas une anecdote diplomatique : c'est le signe que l'axe anti-israélien tricontinental se fissure là où on l'attendait le moins — et une leçon pour les Juifs d'Amérique latine.

·Source : RFI

Israël et le Venezuela ont annoncé le rétablissement de relations, d'abord au niveau consulaire, après dix-sept ans de rupture. Le divorce datait de 2009 : Hugo Chávez avait expulsé la mission israélienne pendant l'opération « Plomb durci », avant d'ériger l'hostilité à Israël en marqueur identitaire de sa révolution bolivarienne — avec, en prime, une proximité assumée avec Téhéran et le Hezbollah, très implanté dans la région.

Disons-le clairement : c'est une victoire israélienne. Pendant deux décennies, un récit s'est imposé selon lequel Israël serait un paria croissant, condamné à l'isolement à mesure que le « Sud global » s'organiserait contre lui. Or la réalité fait exactement l'inverse de ce récit. L'un des régimes les plus bruyamment antisionistes de la planète, celui qui avait fait de la rupture avec Jérusalem un trophée idéologique, vient de reconnaître, par un geste, que cette rupture ne lui a rien rapporté. On ne renoue pas avec un État qu'on croit condamné.

Ce que cela révèle est plus profond qu'un ajustement protocolaire. Le boycott diplomatique d'Israël est un luxe : il se paie quand on a les moyens de s'en passer. Un pays en détresse économique, en quête de légitimité et de canaux vers Washington, découvre vite que la posture anti-israélienne coûte plus qu'elle ne rapporte. Israël, lui, offre ce que les slogans n'offrent pas : eau, agriculture en milieu aride, énergie, cybersécurité, santé. La normalisation n'est pas une faveur qu'on accorde à Jérusalem ; c'est un service qu'on se rend à soi-même.

Le boycott diplomatique d'Israël est un luxe : il se paie quand on a les moyens de s'en passer.

L'angle que personne ne souligne : le vrai perdant s'appelle l'Iran. Le Venezuela n'était pas seulement un adversaire d'Israël, il était une tête de pont — vols directs, réseaux financiers, présence documentée de relais du Hezbollah dans la « triple frontière » latino-américaine. Chaque pas de Caracas vers Jérusalem rétrécit cet espace. La contre-offensive israélienne la plus efficace ne se joue pas seulement à Beyrouth ou à Sanaa : elle se joue à 11 000 kilomètres de Tel-Aviv, sur le flanc occidental de l'axe iranien.

Enfin, une pensée pour les Juifs vénézuéliens. Ils étaient environ 25 000 avant Chávez ; il en reste une fraction, chassés par l'insécurité et un climat officiel où l'« antisionisme » d'État déteignait sur les synagogues profanées. Que Jérusalem retrouve une présence consulaire à Caracas, c'est aussi cela : un État juif qui revient là où l'on avait voulu effacer sa trace. La diplomatie, parfois, c'est de la protection communautaire par d'autres moyens.

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