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Diaspora

Israël–Venezuela : quand le pétrole fissure le front anti-israélien en Amérique latine

Caracas, longtemps fer de lance de l'axe anti-israélien latino-américain, rouvre ses canaux consulaires avec Jérusalem. Ce n'est pas un simple geste protocolaire : c'est la démonstration que l'isolement d'Israël est une construction politique réversible — et que l'énergie pèse plus lourd que les slogans.

Israël et le Venezuela rétablissent des relations consulaires, seize ans après la rupture décidée par Hugo Chávez en 2009. Le rapprochement, confirmé par plusieurs médias israéliens et internationaux, s'accompagne d'un volet énergétique : le Venezuela détient les premières réserves prouvées de pétrole au monde, et Israël dispose d'un savoir-faire technologique — extraction, dessalement, cybersécurité, agriculture — dont une économie exsangue a désespérément besoin.

Rappelons ce qu'était le Venezuela chaviste pour l'État juif : le pivot occidental de l'axe iranien. Vols directs Caracas–Téhéran, passeports vénézuéliens distribués avec largesse, présence documentée de réseaux liés au Hezbollah dans la région, et une rhétorique officielle qui glissait régulièrement de l'antisionisme à l'antisémitisme le plus cru — jusqu'aux profanations de synagogues à Caracas en 2009, dans un climat encouragé par le pouvoir. Une communauté juive de plus de 20 000 âmes s'est réduite à quelques milliers. Ce n'est pas un détail diplomatique : c'est une communauté qui a payé le prix d'une idéologie.

Ce n'est pas un détail diplomatique : c'est une communauté qui a payé le prix d'une idéologie.

Mon analyse : cette réouverture est une victoire stratégique nettement sous-estimée. Depuis le 7 octobre, le récit dominant veut qu'Israël s'enfonce dans un isolement irréversible. Or voici l'un des régimes les plus hostiles de la planète qui rouvre une porte. Cela dit une chose simple : l'hostilité à Israël n'est presque jamais une conviction, c'est une position de marché. Quand le calcul change, la position change. Ceux qui votent contre Israël à l'ONU le savent aussi.

L'angle que personne ne souligne : le vrai perdant ici, c'est Téhéran. Le Venezuela était le poumon logistique et financier iranien dans l'hémisphère occidental, la profondeur stratégique de la République islamique loin de ses frontières. Chaque mètre carré d'influence que l'Iran perd à Caracas, c'est un canal de contournement des sanctions en moins, un relais du Hezbollah affaibli. Après les coups portés à l'axe au Liban, en Syrie et en Iran même, la guerre se joue désormais aussi sur les cartes de l'Amérique latine.

Dernière question, la plus importante à nos yeux : que devient la communauté juive vénézuélienne ? Un consulat, ce sont des visas, une protection, un lien retrouvé avec Jérusalem. Israël a été fondé pour cela. Que ce rétablissement serve d'abord aux Juifs qui sont restés — le reste suivra.

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