Midbar
← Retour
Diaspora

JD Vance à la tribune du Republican Jewish Coalition : le test de loyauté que les Juifs républicains n'attendaient plus

Lundi à Las Vegas, le vice-président américain montera sur la scène du Republican Jewish Coalition — devant des donateurs qui, l'an dernier, distribuaient des pancartes « Tucker is not MAGA » et juraient de ne jamais le soutenir en 2028. Ce face-à-face n'est pas un sommet de plus : c'est le moment où le camp pro-israélien américain découvre qu'il n'a plus de veto sur la droite.

·Source : JTA

Le Republican Jewish Coalition (RJC) a confirmé que JD Vance s'exprimera lundi soir, lors d'un « fireside chat » fermé à la presse, à son sommet annuel du Venetian Resort de Las Vegas — l'hôtel de la famille Adelson, l'un des plus grands soutiens de Donald Trump et des causes juives et israéliennes. « JD Vance est un ami, qui revient après nous avoir rejoints en 2022 comme candidat au Sénat », assure le porte-parole du RJC. La formule diplomatique masque mal le malaise.

Car le dossier Vance, du point de vue des Juifs conservateurs, est lourd. Le vice-président a réprimandé publiquement des responsables israéliens, flirté avec des théories conspirationnistes anti-israéliennes et, surtout, gardé un silence assourdissant sur Tucker Carlson — le polémiste qui diffuse des théories antisémites, et dont le fils, Buckley Carlson, est un ancien collaborateur de Vance. Au sommet 2025 du RJC, des pancartes « Tucker is not MAGA » avaient été distribuées aux participants. Plusieurs grands donateurs avaient alors confié à la JTA qu'ils ne soutiendraient pas Vance en 2028, lui préférant Marco Rubio.

Et pourtant, il vient. Et pourtant, on l'accueille. C'est là que se joue la vraie histoire : le rapport de force s'est inversé. Pendant des décennies, un candidat républicain aux ambitions présidentielles devait passer l'examen du RJC — prouver son alignement pro-israélien pour débloquer les chéquiers. Aujourd'hui, c'est le RJC qui doit composer avec l'héritier présumé de Trump, même quand celui-ci coche toutes les cases de la méfiance. L'invitation n'est pas un adoubement : c'est un aveu que le veto des donateurs juifs sur la droite américaine ne fonctionne plus comme avant.

C'est là que se joue la vraie histoire : le rapport de force s'est inversé.

Le programme du sommet confirme cette érosion. Parmi les orateurs figure Mike Collins, le représentant de Géorgie qui défie le démocrate juif Jon Ossoff au Sénat — un candidat visé par des accusations d'antisémitisme et de liens avec l'extrême droite, qui se défend en invoquant… son soutien à Israël. Voilà le nouveau marché : le « pro-Israël » devient un certificat de complaisance qu'on brandit pour faire passer le reste, y compris ce qui inquiète directement les Juifs américains.

C'est précisément la dissociation que le mouvement pro-israélien redoutait sans jamais la nommer : une droite qui aime Israël comme abstraction géopolitique tout en tolérant, en son sein, ceux qui désignent les Juifs comme problème. Le huis clos du « fireside chat » de lundi — fermé à la presse, donc sans prix politique à payer pour les réponses données — dit tout de l'asymétrie : Vance vient chercher une photo de réconciliation, pas rendre des comptes.

L'angle que personne ne souligne : ce sommet est peut-être le dernier où les donateurs juifs républicains croient encore choisir. Si Vance repart de Las Vegas sans avoir rien concédé — ni sur Carlson, ni sur ses sorties anti-israéliennes — et que les chéquiers s'ouvrent quand même d'ici 2028, la démonstration sera faite : dans la nouvelle droite américaine, on n'a plus besoin de convaincre les Juifs, seulement de les faire patienter. Pour les communautés juives, des deux côtés de l'Atlantique, la leçon dépasse Vance : quand un camp politique cesse de craindre votre départ, votre présence ne le contraint plus.

#JDVance#RJC#Israël#JuifsAméricains#Républicains#2028#Midbar

À lire aussi