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Diaspora

L'Iran promeut un suspect de l'attentat de l'AMIA : le message est limpide

En nommant Mohsen Rezaei — visé par une notice rouge d'Interpol pour le massacre de l'AMIA — à son Conseil suprême de sécurité nationale, Téhéran ne commet pas une maladresse diplomatique. C'est une revendication, et un test de la mémoire du monde.

·Source : JTA

Les faits d'abord. L'Iran a nommé Mohsen Rezaei au Conseil suprême de sécurité nationale, l'organe qui arbitre les décisions les plus sensibles du régime. Rezaei, ancien commandant des Gardiens de la révolution, fait l'objet d'une notice rouge d'Interpol depuis des années : la justice argentine le considère comme l'un des architectes de l'attentat du 18 juillet 1994 contre la mutuelle juive AMIA à Buenos Aires — 85 morts, plus de 300 blessés, l'attaque antisémite la plus meurtrière depuis la Shoah hors d'Israël. Il doit être jugé par contumace en Argentine.

Ce n'est pas un détail de casting. Un État qui voulait se normaliser aurait écarté cet homme. Téhéran fait l'inverse : il le place au sommet de son appareil sécuritaire. Traduction : le massacre de l'AMIA n'est pas un accident de parcours que le régime cherche à faire oublier, c'est une ligne de conduite qu'il assume. Frapper des Juifs à 12 000 kilomètres de ses frontières, dans un pays tiers, fait partie de son répertoire stratégique — et cela mérite promotion, pas mise à l'écart.

Pour nous, la leçon est douloureusement familière. Pendant trente ans, on a expliqué aux communautés juives d'Amérique latine que la justice suivrait son cours. Des procureurs ont été entravés, un enquêteur — Alberto Nisman — est mort la veille de son témoignage au Congrès argentin, et les commanditaires présumés n'ont jamais quitté leurs bureaux à Téhéran. Aujourd'hui l'un d'eux monte en grade. L'impunité n'est pas seulement une injustice : elle est un signal opérationnel envoyé à tous les réseaux du régime.

L'angle que personne ne souligne : cette nomination est une aubaine juridique. Un membre en exercice du Conseil suprême de sécurité nationale, visé par Interpol, transforme l'AMIA en dossier de politique étrangère vivant, plus seulement en affaire de mémoire. Chaque négociation nucléaire, chaque discussion sur les sanctions, chaque réunion internationale où ce Conseil est mentionné devient une occasion d'exiger l'extradition. Israël, l'Argentine et les communautés juives ont désormais un nom, une fonction et une date pour rendre le sujet impossible à contourner.

L'angle que personne ne souligne : cette nomination est une aubaine juridique.

Autrement dit, Téhéran vient de signer son propre acte d'accusation. À nous de faire en sorte que ce document ne dorme pas dans un tiroir. La mémoire juive a une particularité que les régimes sous-estiment toujours : elle est patiente, et elle compte.

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