Selon Israel Hayom, le photographe le plus célèbre de Gaza reconnaît avoir dissimulé des images de mauvais traitements infligés aux otages. Peu importe ce qu'elles montrent exactement : l'aveu lui-même retourne la question de la preuve, et rend leur parole aux captifs.
Motaz Azaiza est, depuis trois ans, l'un des visages les plus connus de la guerre de Gaza. Ses photographies ont circulé dans le monde entier, son nom a été avancé pour le prix Nobel de la paix, et pour une partie de l'opinion occidentale, il incarne le « témoin » par excellence, celui dont l'objectif dirait la vérité que les gouvernements cacheraient. C'est cette figure-là qui vient de se fissurer. Selon Israel Hayom, Azaiza admet avoir eu en sa possession des images montrant des sévices infligés à des otages, et avoir choisi de ne pas les diffuser.
Les termes exacts de cet aveu, rapportés par le quotidien israélien, devront être lus mot à mot, et nous y reviendrons. Mais ce que l'on sait déjà suffit à poser le problème. Un homme présenté au monde comme la conscience visuelle de Gaza reconnaît qu'il a trié. Qu'il a vu la souffrance des captifs, qu'il en a détenu la trace, et qu'il a décidé que cette trace-là ne ferait pas partie du récit.



