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Diaspora

Manuels scolaires saoudiens : la révolution silencieuse que personne ne regarde

Pendant que les projecteurs restent braqués sur Gaza, Riyad réécrit discrètement ce que des millions d'enfants apprendront sur les Juifs et Israël. C'est peut-être la nouvelle la plus stratégique de la semaine.

Selon un nouveau rapport de l'institut IMPACT-se, qui analyse les programmes scolaires du Moyen-Orient, les manuels saoudiens poursuivent leur évolution vers davantage de tolérance. Des contenus hostiles aux Juifs, aux chrétiens et à l'Occident, longtemps omniprésents dans les cursus du royaume, continuent d'être retirés ou adoucis, édition après édition.

Disons-le clairement : c'est une victoire. Pas une victoire militaire, pas un communiqué diplomatique — quelque chose de plus profond. Pendant des décennies, les manuels saoudiens ont servi de matrice idéologique à l'antisémitisme religieux exporté bien au-delà du Golfe, jusque dans des écoles et des mosquées d'Europe. Quand Riyad retire ces pages, ce n'est pas seulement un geste envers Washington ou Jérusalem : c'est le robinet idéologique qu'on commence à fermer à la source.

Ce que cela révèle, c'est que la normalisation avec Israël ne se joue pas d'abord dans les salons feutrés des négociations. Elle se joue dans les cartables. Mohammed ben Salmane prépare son opinion publique à un monde où Israël n'est plus l'ennemi théologique, mais un voisin, voire un partenaire. On ne réécrit pas des manuels scolaires pour un accord qu'on n'a pas l'intention de signer un jour.

Et c'est là l'angle que presque personne ne souligne : le calendrier. Après le 7 octobre, tout le monde a enterré les accords d'Abraham version saoudienne. Or les manuels, eux, continuent d'évoluer dans le bon sens — en pleine guerre, en pleine tempête émotionnelle du monde arabe. Cela signifie que le choix stratégique de Riyad est structurel, pas conjoncturel. Le Hamas voulait, par le massacre du 7 octobre, faire dérailler la normalisation israélo-saoudienne. Ces pages réécrites suggèrent qu'il a échoué sur l'essentiel.

Et c'est là l'angle que presque personne ne souligne : le calendrier.

Pour les communautés juives, il y a ici une leçon d'espérance lucide : les traités se signent en un jour et se déchirent en un jour, mais l'éducation façonne une génération. Un enfant saoudien qui n'apprend plus à haïr les Juifs à dix ans ne les haïra probablement pas à trente. C'est lent, c'est fragile, c'est réversible — mais c'est exactement là que se gagne, ou se perd, la paix de 2040. Pendant que les caméras filment les fronts, la bataille la plus décisive se déroule peut-être dans une salle de classe de Riyad.

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