Une primaire démocrate arrachée de justesse par un critique déclaré d'Israël : la presse y voit un basculement générationnel. Nous y voyons surtout la preuve que la digue tient encore — et la nécessité, pour les Juifs américains, d'arrêter de sous-traiter leur défense politique.
Abdul el-Sayed a remporté la primaire démocrate du Michigan pour le Sénat, devançant d'un cheveu la représentante Haley Stevens, soutenue par une large partie de la communauté juive de l'État et par les réseaux pro-israéliens. El-Sayed, ancien responsable de la santé publique du comté de Wayne, est un critique assumé d'Israël. Donald Trump s'est immédiatement engouffré dans la brèche, qualifiant sa victoire d'« excellente nouvelle » pour les républicains. Chez les électeurs juifs démocrates, c'est l'heure des comptes : soutiendront-ils leur propre parti dans un État où la communauté pèse et vote ?
Disons-le clairement : le récit dominant — « la gauche antisioniste déferle » — est faux, ou du moins prématuré. On ne déferle pas en gagnant d'un cheveu contre une adversaire modérée dans un État où l'électorat arabo-américain est le plus dense du pays, après deux ans de mobilisation intense contre Israël. Ce résultat serré est, en réalité, un plafond de verre. La question israélienne, présentée comme le nouveau ciment de la coalition démocrate, n'a pas suffi à produire une victoire nette. C'est une donnée politique majeure, et personne ne la souligne.
Disons-le clairement : le récit dominant — « la gauche antisioniste déferle »


