Jared Moskowitz raconte ses arrière-grands-parents assassinés à Auschwitz dans un spot de campagne que les experts jugent « puissant mais défendable ». Le plus révélateur est ailleurs : la seule haine que la pub nomme est celle d'un tireur à croix gammées, pas celle du rival démocrate qu'il a dû battre en août.
Musique grave, photos en noir et blanc d'un camp de concentration. « En chaque génération, ils se lèvent contre nous », dit Jared Moskowitz, représentant démocrate du sud de la Floride, dans son nouveau spot de campagne. « Mes arrière-grands-parents ont été assassinés à Auschwitz. » Puis, debout devant le lycée Marjory Stoneman Douglas : « Dans notre génération, ici même, le tireur de Parkland avait gravé des croix gammées sur son arme. » Quatorze élèves et trois enseignants y ont été tués en 2018. Le spot se ferme sur trois mots : « Never again is now. »
La JTA a demandé à deux universitaires si la ligne était franchie. Non, répondent-ils. « Puissant mais défendable », tranche Stephen Sussman, de Barry University, qui rappelle que Moskowitz « ne compare pas son adversaire à Hitler ». « Ce sont des images choquantes, mais c'était l'histoire de sa famille », ajoute Ken Goldstein, de l'université de San Francisco. Sa grand-mère a quitté l'Europe par un Kindertransport ; ses arrière-grands-parents n'en sont jamais revenus. On ne fera pas la leçon à un petit-fils de rescapée sur l'usage de sa propre mémoire, et la phrase d'ouverture, tout lecteur de la Haggada l'aura reconnue, dit exactement ce que les Juifs se répètent chaque Pessah.



