En novembre, Providence deviendra la plus grande ville américaine à soumettre le désinvestissement au vote populaire. Mais le détail qui compte est ailleurs : pour la première fois, le mouvement de boycott a jugé plus prudent d'effacer le mot « Israël » de son propre texte.
Les électeurs de Providence, capitale du Rhode Island, voteront en novembre sur un référendum demandant à la ville de ne pas investir dans des « pays étrangers pratiquant le nettoyage ethnique, l'apartheid, l'occupation militaire illégale ou le génocide ». Le texte ne mentionne ni Israël ni aucun autre pays. Mais personne n'est dupe : la campagne de signatures a été menée par la coalition Providence for Palestine, et partisans comme opposants présentent le scrutin comme un référendum sur Israël et sur le mouvement BDS. Providence devient ainsi la plus grande municipalité américaine à soumettre le désinvestissement au vote populaire.
Les précédents existent. En 2024, Somerville, banlieue de Boston deux fois moins peuplée, a été la première ville à faire adopter une résolution de ce type dans les urnes — non contraignante, elle. Celle de Providence, au contraire, imposerait une action municipale. Les militants disent avoir identifié environ 2,5 millions de dollars de fonds municipaux concernés, ciblant des entreprises américaines comme Caterpillar ou Axon Enterprise. Face à eux, la Jewish Alliance of Greater Rhode Island — la ville compte environ 15 000 Juifs, 7 % de la population — annonce qu'elle fera campagne contre le texte et explorera les recours juridiques s'il passe. « Tout ce que cela fera, c'est attiser la division et potentiellement rendre les Juifs d'ici moins en sécurité », avertit Stephanie Hague, sa directrice de la stratégie.



