Un tribunal allemand estime que comparer Israël à l'Allemagne nazie relève de la liberté d'expression. Derrière l'apparence juridique, une bascule morale : le pays de la Shoah vient de transformer sa mémoire en arme contre les Juifs vivants.
Selon le média IsraJ, la justice allemande a tranché : assimiler Israël à l'Allemagne nazie n'est pas, en soi, une infraction. Le raisonnement est classique en droit allemand — la comparaison est jugée comme une opinion politique polémique, protégée par la liberté d'expression, et non comme une injure pénalement punissable. Techniquement défendable. Moralement, c'est un séisme.
Car cette équation n'est pas un argument, c'est une inversion. Elle prend l'événement qui a anéanti un tiers du peuple juif et le retourne contre l'État né de ses cendres. Sa fonction n'est pas de décrire Israël : elle est de rendre les Juifs indéfendables. Si Israël est le Reich, alors le boycotter devient un devoir, le combattre une résistance, et les Juifs qui le soutiennent des complices. La définition de l'IHRA, adoptée par l'Allemagne elle-même, identifie précisément ce type de comparaison comme un marqueur d'antisémitisme contemporain. Un tribunal allemand vient d'en relativiser la portée.


