La justice allemande estime que comparer Israël au régime nazi relève de la liberté d'expression. Derrière l'apparente neutralité juridique, c'est le principal garde-fou intellectuel de l'après-Shoah qui cède — et ce sont les Juifs d'Europe, pas les Israéliens, qui en paieront d'abord le prix.
Selon i24NEWS, la justice allemande a jugé que comparer Israël au régime nazi entrait dans le champ protégé de la liberté d'expression. Le raisonnement est classique : critiquer un État, même de la manière la plus outrancière, n'est pas en soi un délit. Sur le papier, la décision se veut technique. Dans les faits, elle envoie un signal politique majeur, dans le pays qui avait fait de la responsabilité envers les Juifs un pilier de sa refondation démocratique.
Rappelons ce que cette comparaison est vraiment. Elle ne relève pas de la critique politique — laquelle existe, vigoureuse et permanente, en Israël même, où gouvernements et armée sont contestés quotidiennement dans la presse et devant la Cour suprême. Assimiler l'État né de la Shoah à ceux qui l'ont perpétrée, c'est autre chose : c'est retourner l'histoire contre les survivants et leurs descendants. C'est précisément pour cela que la définition de travail de l'IHRA, adoptée par l'Allemagne elle-même, range ce type d'analogie parmi les formes contemporaines d'antisémitisme.


