Un touriste français juif aspergé de spray au poivre puis roué de coups en plein centre de Rome, parce qu'il portait une kippa. Ce n'est pas un fait divers : c'est le symptôme d'un continent où le signe juif visible est redevenu une cible — et où l'israélophobie ambiante fournit le carburant.
Les faits, d'abord. Selon la presse italienne et française, un touriste français juif a été agressé en plein centre de Rome. Aspergé de spray au poivre une première fois, il a ensuite été frappé par plusieurs individus. Le mobile désigné par la victime est limpide : il portait la kippa. Les autorités italiennes ont ouvert une enquête ; les responsables communautaires romains, comme les organisations juives françaises, ont dénoncé une agression antisémite caractérisée.
Ce qu'il faut refuser, c'est la banalisation par le vocabulaire. On parlera d'« incident », de « rixe », de « tensions liées au conflit ». Non. Un homme est identifié comme juif à un signe religieux, puis attaqué à plusieurs. C'est une chasse. Et elle a lieu à Rome, ville où une communauté juive vit sans interruption depuis plus de deux mille ans — antérieure au christianisme européen lui-même. Frapper un Juif dans les rues de Rome, ce n'est pas une réaction à une actualité : c'est un très vieux réflexe qui a simplement retrouvé une justification de circonstance.


