Une enquête gouvernementale britannique qualifie de « choquant » le niveau d'antisémitisme dans les écoles. Ce n'est pas un fait divers scolaire : c'est le laboratoire d'une génération qui apprend, avant même de savoir voter, que le Juif est un problème.
Une enquête commandée par le gouvernement britannique décrit un niveau d'antisémitisme « choquant » dans les établissements scolaires du Royaume-Uni. Élèves juifs harcelés, insultés, sommés de se justifier sur Israël, parfois par des enseignants eux-mêmes. Le rapport intervient alors qu'une autre étude documente un « environnement hostile » pour les professionnels de santé juifs britanniques — médecins, infirmiers, internes. Deux enquêtes, deux secteurs, un même constat : l'hostilité ne se cantonne plus aux marges militantes, elle s'est installée dans les institutions du quotidien.
Disons-le clairement : ce n'est pas un « débat sur le Moyen-Orient qui déborde ». Un enfant de onze ans à Manchester n'est responsable ni de Rafah ni de Netanyahou. S'il est pris à partie, c'est parce qu'un mécanisme très ancien a été réactivé sous un vocabulaire neuf : le Juif comme représentant collectif, redevable, suspect par nature. Le mot « sioniste » y sert de laissez-passer moral — il permet de dire à un enfant ce qu'on n'oserait plus lui dire autrement.


