En refusant de signer la déclaration des Vingt-Sept contre les constructions israéliennes en zone E1, Ljubljana et Prague ont réduit Kaja Kallas à publier son texte en son nom propre. Ce n'est pas un incident de procédure : c'est la preuve qu'Israël a appris à jouer l'Europe de l'intérieur — et que l'unanimité anti-israélienne n'existe plus.
Il fallait lire les petites lignes pour mesurer l'événement. La Slovénie et la République tchèque ont refusé de soutenir une déclaration commune des Vingt-Sept condamnant les projets de construction israéliens dans la zone E1, entre Jérusalem et Maalé Adoumim. Faute d'unanimité, la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a dû publier le texte en son propre nom et au nom du Service européen pour l'action extérieure. Traduction : ce qui devait être la voix de l'Europe n'est plus que la voix d'une fonctionnaire.
Ce blocage n'est pas tombé du ciel. Il est le fruit de plusieurs échanges téléphoniques entre le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Sa'ar, et ses homologues slovène et tchèque. Mieux : l'intervention de Ljubljana et de Prague aurait permis d'ajouter au texte une référence aux mesures prises par Israël contre les auteurs de violences en Judée-Samarie — absente de la version initiale. Israël n'a pas seulement bloqué une déclaration ; il en a réécrit une partie.



