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France

Trappes : le même mot pour tous

Vendredi 23 octobre, à Trappes et à La Verrière, un homme a tiré au pistolet-mitrailleur depuis sa voiture pendant un quart d’heure. Pengo Bossio Wangi, 26 ans, est mort. Une fillette de 12 ans a reçu huit balles. Un Juif sait ce que c’est d’être visé dans la rue pour ce qu’on est : nous le disons sans « mais ». Le soir, le président a parlé de « la première fois » qu’un acte terroriste planifié visait des Français pour leur couleur ou leur religion. Toulouse, l’Hyper Cacher, le père Hamel, Nice, la rue Copernic, la rue des Rosiers : ils avaient des noms. L’Élysée a corrigé avant minuit, puis le président a écrit : « Aucune douleur ne doit être hiérarchisée. » Chiche.

·Source : Midbar

Vendredi 23 octobre, vers 10 h 30, un homme de 39 ans a ouvert le feu depuis une Clio grise, avec un pistolet-mitrailleur Sten de la Seconde Guerre mondiale. Un arrêt de bus place Van Gogh, une maison de santé, le square Louis-Pergaud, une station-service de la RN10, à Trappes ; puis une pharmacie, la gare et une rue de La Verrière. « Un petit quart d'heure », selon le ministre de l'Intérieur, avant que cinq policiers de la BAC ne l'interceptent à Coignières. Son appartement de Plaisir était piégé avec des bonbonnes de gaz et un minuteur.

Pengo Bossio Wangi, 26 ans, combattant amateur de MMA, est mort près d'une aire de jeux. À La Verrière, une fillette de 12 ans qui rentrait de la piscine, un foulard sur la tête, a reçu huit balles ; elle a été transportée à Necker. Un jeune homme de 21 ans a été très grièvement blessé devant la station-service. Deux agents d'entretien ont été touchés près de la pharmacie. Le Parquet national antiterroriste a ouvert une enquête pour assassinat et tentatives d'assassinat en relation avec une entreprise terroriste, avec la circonstance aggravante du mobile raciste.

## Un Juif sait ce que c'est

Être visé dans la rue pour ce qu'on est. Pas pour ce qu'on a fait, pas pour ce qu'on a dit. Pour sa couleur, pour la religion qu'on vous prête. Vendredi, à Trappes et à La Verrière, des Français ont été tués et mutilés pour cela. Les Juifs de France, qui connaissent cette peur depuis quarante ans, le disent sans « mais », sans « oui mais le contexte », sans attendre les conclusions de l'enquête sur le profil du tireur : c'est un attentat raciste, et c'est la France entière qui a été visée.

## « La première fois »

Le soir, à Trappes, le président de la République a parlé d'« un tournant dans la vie de notre République et de notre nation ». Et il a dit pourquoi : « C'est un tournant, parce que c'est la première fois qu'il y a un acte terroriste planifié pour tuer nos compatriotes, nos enfants, en raison de leur couleur de peau ou de la religion qu'on leur donne. »

La première fois.

Gabriel, Arié, Myriam et Jonathan, à l'école Ozar Hatorah de Toulouse, le 19 mars 2012. Yoav, Philippe, Yohan et François-Michel, à l'Hyper Cacher de la porte de Vincennes, le 9 janvier 2015. Le père Jacques Hamel, à Saint-Étienne-du-Rouvray, le 26 juillet 2016. Nadine, Simone et Vincent, dans la basilique de Nice, le 29 octobre 2020. Et avant eux, les quatre morts de la rue Copernic en 1980, les six morts de la rue des Rosiers en 1982. Tous tués pour ce qu'ils étaient, par des hommes qui avaient planifié de les tuer pour cela.

Le président du Crif, Yonathan Arfi, l'a rappelé le soir même : « Ce n'est malheureusement pas “la première fois” qu'un tel attentat se produit en France. » Et : « En République, il n'y a pas de hiérarchie entre les victimes du terrorisme. »

Et : « En République, il n'y a pas de hiérarchie entre les victimes du terrorisme.

## Le correctif

Avant minuit, l'Élysée a précisé que le chef de l'État parlait « bien évidemment du premier attentat raciste sur le fondement de la couleur de peau commis dans notre pays ». Le 23 décembre 2022, rue d'Enghien, à Paris, trois Kurdes ont été tués devant leur centre culturel par un homme qui s'est déclaré « raciste » et a dit avoir voulu s'en prendre aux étrangers. La justice n'a pas retenu le terrorisme. Les morts sont morts quand même.

Puis le président lui-même, sur X, à 22 h 41 : « Notre pays a connu, ces dernières années, des attentats qui ont frappé des chrétiens parce qu'ils étaient chrétiens et des juifs parce qu'ils étaient juifs. Aucune de ces victimes ne doit être oubliée. Aucune douleur ne doit être hiérarchisée. »

## Le même mot pour tous

On se souvient des mots d'après. Pour Mohamed Merah, en 2012 : « loup solitaire ». Pour l'Hyper Cacher, en 2015 : « pas d'amalgame ». Pour Sarah Halimi, défenestrée aux cris d'Allahou akbar : « bouffée délirante ». Vendredi, en une heure, on a entendu « idéologie raciste » et « idées qui s'installent », et un camp politique était désigné avant même que le suspect, inconnu des services de renseignement, soit entendu sur le fond.

Nous ne contestons pas le mot raciste. Il est juste, le parquet le retient, et le tireur aurait choisi ses cibles à leur peau. Nous demandons une seule chose : le même mot pour tous. La même rapidité à nommer, le même refus des euphémismes, le même « attentat » quand un Juif tombe parce qu'il est juif.

« Aucune douleur ne doit être hiérarchisée. » Chiche. Trappes, Toulouse, Vincennes, Nice, rue d'Enghien : les mêmes mots, les mêmes larmes, le même État. Les Juifs de France sont aux côtés de Trappes. Ils n'ont jamais demandé autre chose.

Pengo Bossio Wangi, 26 ans. Que sa mémoire soit bénie.

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*Sources : [France 24, ce que l'on sait de l'attaque](https://www.france24.com/fr/france/20261023-circonstances-suspect-mobile-ce-que-l-on-sait-sur-la-fusillade-%C3%A0-trappes) ; [franceinfo, le suspect](https://www.franceinfo.fr/faits-divers/terrorisme/attaque-a-trappes/ce-que-l-on-sait-de-kevin-t-l-homme-de-39-ans-soupconne-de-l-attaque-terroriste-qui-fait-un-mort-et-plusieurs-blesses-graves-a-trappes-et-la-verriere_8250916.html) ; [Temps Réel 78, la déclaration du président à Trappes](https://tr78.fr/2026/10/24/a-trappes-emmanuel-macron-denonce-un-attentat-terroriste-raciste-qui-marque-un-tournant/) ; [i24NEWS, la phrase qui ne passe pas](https://www.i24news.tv/fr/actu/france/artc-attentat-de-trappes-la-phrase-de-macron-qui-ne-passe-pas) ; [Blick, le correctif de l'Élysée et les réactions](https://www.blick.ch/fr/monde/france/trappes-macron-provoque-un-tolle-apres-ses-propos-sur-lattentat/pgqsp3d) ; [Emmanuel Macron sur X, 23 octobre, 22 h 41](https://x.com/EmmanuelMacron/status/2113732482449256637) ; [franceinfo, rue d'Enghien, les trois victimes](https://www.franceinfo.fr/faits-divers/attaque-mortelle-rue-d-enghien-a-paris/attaque-raciste-mortelle-a-paris-ce-que-l-on-sait-des-trois-victimes-toutes-membres-de-la-communaute-kurde_5561655.html) ; [France 3, le renvoi aux assises pour assassinats racistes](https://france3-regions.franceinfo.fr/paris-ile-de-france/paris/un-proces-pour-assassinats-racistes-contre-trois-kurdes-ordonne-apres-l-attaque-de-la-rue-d-enghien-a-paris-3192882.html) ; [Epoch Times, qui était Pengo Bossio Wangi](https://www.epochtimes.fr/attentat-de-trappes-pengo-espoir-amateur-du-mma-tue-a-26-ans-3377738.html).*

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