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Israël

Accord Trump sur Gaza : pourquoi la prudence israélienne est une leçon, pas un obstacle

Donald Trump veut vendre au monde un accord "historique" avec le Hamas. Mais Israël, lui, refuse de signer un chèque en blanc — et c'est précisément cette lucidité qui pourrait sauver la paix de l'échec.

Donald Trump a annoncé une feuille de route en 15 points censée désarmer le Hamas et organiser un retrait israélien de Gaza. Washington parle d'accord "historique". Problème : Israël ne s'est engagé sur rien, et des frappes ont eu lieu à Gaza dans les heures qui ont suivi l'annonce. Le décalage entre la communication américaine et la réalité sur le terrain saute aux yeux.

Ce qu'il faut comprendre, c'est qu'Israël n'a jamais eu le luxe de croire sur parole. Le pays a payé, à plusieurs reprises dans son histoire, le prix d'accords signés dans l'euphorie diplomatique et vidés de leur substance sur le terrain — Oslo puis le retrait de Gaza en 2005 restent des cicatrices vives. Un "désarmement du Hamas" sur le papier, sans mécanisme de vérification crédible, sans garantie que l'organisation ne se reconstitue pas comme le Hezbollah l'a fait après 2006, n'est pas la paix : c'est un sursis pour l'ennemi.

Ce qu'il faut comprendre, c'est qu'Israël n'a jamais eu le luxe de croire sur parole.

La France et une partie de la presse internationale, viennent une nouvelle fois, présenter la retenue israélienne comme un obstacle à la paix, quand elle est en réalité la seule variable réaliste de l'équation. Trump a besoin d'une victoire diplomatique affichable ; Israël, lui, a besoin que le Hamas cesse d'exister comme force militaire capable de recommencer un 7-Octobre. Ce ne sont pas les mêmes horloges, et confondre les deux revient à demander à la victime de accélérer sa propre vulnérabilité pour satisfaire un calendrier électoral américain.

L'angle que peu soulignent : cet épisode révèle surtout le rapport de force réel entre Jérusalem et Washington. Israël a démontré, avec l'opération contre les tunnels du Hezbollah utilisant 700 tonnes d'explosifs, ou les frappes visées contre les infrastructures énergétiques iraniennes envisagées avec les Américains eux-mêmes, qu'il peut agir seul quand sa sécurité l'exige. La "pression" de Trump sur Netanyahou n'est donc pas une soumission attendue mais un test : jusqu'où l'allié américain est-il prêt à pousser, sachant qu'Israël a déjà prouvé, ces derniers mois, sa capacité à définir seul le tempo de sa propre défense ? La véritable histoire n'est pas celle d'un accord "historique", mais celle d'un Israël qui a gagné, sur le terrain, le droit de dire non à Washington sans perdre son soutien.

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