Hier, l'explosion et les fleurs de Nabatié. Aujourd'hui, la traduction politique : Netanyahou et Katz déclarent la zone de sécurité « achevée », et un ancien gouverneur militaire de Tyr explique pourquoi la crête donne à Israël « une carte physique ». Le retrait n'est plus la question. La question, c'est qui prouve qu'il contrôle le terrain.
Nous racontions hier la secousse mesurée jusqu'en Galilée et les fleurs offertes à l'armée libanaise à Nabatié. Ce qui a changé depuis, c'est la lecture qu'Israël fait lui-même de l'événement. Dans leur communiqué commun de jeudi soir, Benjamin Netanyahou et le ministre de la Défense Katz n'ont pas seulement confirmé la destruction des infrastructures souterraines du Hezbollah sur la crête d'Ali Taher : ils ont affirmé que l'opération « achève l'établissement de la zone de sécurité au Sud-Liban ». Le mot est posé. Il n'y a plus une présence provisoire en attente d'un retrait ; il y a une zone, et elle est déclarée complète.
Les détails livrés par l'armée donnent la mesure de ce qui a été effacé. Le réseau comptait huit axes souterrains totalisant plus de 5 400 mètres, avec centres de contrôle, dépôts et quartiers d'habitation permettant de rester enterré longtemps. Il servait de poste de commandement central à l'unité territoriale Badr, chargée du secteur au nord du Litani vers Sidon, et offrait au Hezbollah une vue plongeante sur Nabatié comme sur Metula et Kiryat Shmona. Un « actif terroriste stratégique bâti sur deux décennies avec un financement et une planification iraniens », selon le communiqué, conçu comme tremplin pour « la conquête de la Galilée ». Son démantèlement suit celui des axes de la crête de Beaufort et des villages d'Arnoun, Yohmor et Kfar Tebnit.



