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Israël

Affaire Hind Rajab : quand Tsahal enquête sur elle-même, c'est le droit israélien qui parle

Israël reconnaît que ses soldats ont tiré sur la voiture où se trouvait Hind Rajab, 5 ans, et ouvre une enquête criminelle. Un aveu douloureux — mais qui révèle précisément ce qui distingue une armée d'État de droit de ses ennemis.

Deux ans après le drame, l'armée israélienne a reconnu que ses troupes avaient tiré sur la voiture dans laquelle se trouvait Hind Rajab, une fillette gazaouie de 5 ans, tuée en janvier 2024 avec plusieurs membres de sa famille. Fait majeur : Tsahal a annoncé l'ouverture d'une enquête criminelle, confiée à la police militaire, pour établir les responsabilités individuelles des soldats impliqués.

Soyons clairs : la mort d'une enfant de 5 ans est une tragédie absolue, et aucune cause ne peut l'effacer. Ceux qui aiment Israël n'ont pas besoin de nier la douleur pour défendre leur camp. Mais il faut regarder ce que cette annonce signifie réellement — et ce que la presse généraliste, obsédée par l'aveu, refuse de voir.

Car l'événement, ici, n'est pas seulement le tir. C'est l'enquête. Quelle autre armée de la région ouvre une procédure criminelle contre ses propres soldats pour la mort d'un enfant ennemi ? Le Hamas, qui a délibérément assassiné des enfants israéliens le 7 octobre et filmé ses crimes avec fierté, n'a jamais enquêté sur rien : il décore ses tueurs. Le Hezbollah, l'Iran, le régime syrien ? Silence. Israël, lui, s'auto-accuse publiquement, documente, poursuit. C'est exactement ce que fait une démocratie — et exactement ce que ses ennemis exploitent.

Car voici le paradoxe que personne ne souligne : cette transparence sera retournée contre Israël. L'affaire Hind Rajab est déjà devenue un étendard militant mondial — un film, une fondation, des plaintes internationales. L'aveu israélien sera brandi comme « preuve » devant la CPI, alors même qu'il démontre le contraire de ce qu'on lui fait dire. Le principe de complémentarité de la justice internationale est limpide : quand un État enquête sérieusement lui-même, les juridictions internationales n'ont pas à se saisir. En ouvrant cette enquête criminelle, Israël ne s'affaiblit pas juridiquement — il coupe l'herbe sous le pied de La Haye.

Car voici le paradoxe que personne ne souligne : cette transparence sera retournée contre Israël.

Et c'est là l'angle que Midbar veut poser : le vrai test n'est pas pour Israël, qui vient de passer le sien. Il est pour les accusateurs. Si l'enquête israélienne aboutit à des sanctions, reconnaîtront-ils que l'État de droit israélien fonctionne ? Ou continueront-ils d'exiger d'Israël une perfection qu'ils n'exigent d'aucune armée au monde — pas même des leurs ? La réponse dira qui cherche la justice, et qui cherche seulement à condamner les Juifs.

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