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Israël

Désarmement du Hamas avant tout retrait : l'axe Netanyahou-Kushner verrouille la séquence

En s'accordant sur une priorité absolue — désarmer le Hamas avant le moindre retrait de Tsahal —, Netanyahou et Kushner ne fixent pas un détail technique : ils inversent la logique qui a fait échouer toutes les trêves précédentes.

·Source : i24NEWS

Benjamin Netanyahou et Jared Kushner, envoyé et proche conseiller de Donald Trump, se sont accordés sur une priorité claire : le désarmement du Hamas doit précéder tout retrait de Tsahal de la bande de Gaza. Pas de calendrier de retrait contre promesses, pas de séquence inversée : d'abord les armes, ensuite les mouvements de troupes.

Ce n'est pas une nuance diplomatique, c'est un renversement de méthode. Depuis des années, chaque cessez-le-feu a reposé sur le même schéma : Israël se retire, la « communauté internationale » promet de surveiller, et le Hamas se réarme méthodiquement sous les yeux de tous. Le 7 octobre est né de cette logique. En posant le désarmement comme condition préalable et non comme objectif lointain, Jérusalem et Washington tirent enfin la leçon que tant de chancelleries refusent d'entendre : on ne construit pas la paix sur un arsenal intact.

Pour le Hamas, c'est un piège stratégique. Accepter le désarmement, c'est renoncer à sa raison d'être : la lutte armée est son identité, pas un simple moyen. Refuser, c'est assumer devant les Gazaouis eux-mêmes que la prolongation de leur misère tient à un choix idéologique du mouvement, pas à une prétendue intransigeance israélienne. Les huit pays arabes qui accusent Israël de « miner les efforts de paix » le savent parfaitement : la pression change de camp, et cela les dérange.

Mais l'angle que presque personne ne souligne est ailleurs. Cet accord Netanyahou-Kushner dessine une architecture inédite : la garantie de sécurité d'Israël ne repose plus sur des casques bleus ou des observateurs européens, mais sur une convergence directe entre Jérusalem et la Maison Blanche, sans intermédiaire onusien. C'est la fin discrète du modèle « forces internationales d'interposition » qui a échoué au Liban avec la FINUL, incapable d'empêcher le Hezbollah de truffer le Sud de missiles.

C'est la fin discrète du modèle « forces internationales d'interposition »

Et si Gaza devenait le laboratoire d'une nouvelle doctrine ? Une doctrine où la démilitarisation vérifiable — pas promise, vérifiable — devient le préalable de toute souveraineté reconstruite. Appliquée demain au Liban, voire aux discussions sur l'Iran, cette grammaire changerait tout le Moyen-Orient. Le vrai enjeu de cet accord n'est donc pas le prochain retrait de Tsahal : c'est le précédent qu'Israël est en train de créer, avec l'Amérique de Trump comme seul garant. Une paix qui ne repose plus sur la confiance, mais sur la vérification. Exactement ce que le peuple juif a appris, dans sa chair, à exiger.

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