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Israël

Désarmement du Hamas : la vraie condition du retrait israélien de Gaza

Derrière l'annonce diplomatique d'un « retrait progressif » se cache une bataille bien plus décisive : celle du désarmement du Hamas. Et c'est là, et seulement là, que se joue l'avenir de Gaza.

·Source : France 24

Selon les informations rapportées par France 24, un cadre a été négocié liant explicitement le retrait progressif des forces israéliennes de la bande de Gaza au désarmement du Hamas. Ce n'est pas un détail technique : c'est l'architecture même de tout accord viable pour la région.

Depuis le 7 octobre 2023, Israël a répété une ligne rouge non négociable : aucune force armée terroriste ne peut subsister aux portes de ses villes. Le fait que cette exigence soit désormais actée dans les négociations internationales, et non plus seulement défendue par Jérusalem, constitue une victoire diplomatique majeure. Cela signifie que la communauté internationale, y compris des acteurs qui critiquaient auparavant la conduite de la guerre, reconnaît enfin ce qu'Israël martèle depuis deux ans : il ne peut y avoir de paix durable tant que le Hamas conserve une capacité militaire.

Mais soyons lucides sur ce que ce mot, « désarmement », recouvre réellement. Le Hamas a survécu à des décennies de pressions, d'embargos et de conflits en enterrant ses arsenaux, en recyclant le béton de l'aide humanitaire en tunnels, en dispersant ses caches dans des zones civiles. Un désarmement de façade, cosmétique, ne ferait que donner un répit à une organisation qui se reconstruira à la première occasion, comme elle l'a fait après chaque précédente opération israélienne depuis 2008.

Mais soyons lucides sur ce que ce mot, « désarmement », recouvre réellement.

C'est ici que se situe l'angle que la presse généraliste ne creuse pas assez : la vraie question n'est pas de savoir SI Israël se retirera, mais QUI contrôlera le vide sécuritaire laissé derrière lui. Un retrait israélien sans mécanisme de vérification indépendant, robuste et durable équivaut à transférer la garde du poulailler au renard. L'histoire récente — du Liban post-2006 à la Cisjordanie des accords d'Oslo — démontre que les garanties verbales sans contrôle effectif sur le terrain se soldent invariablement par un réarmement discret des groupes terroristes.

Pour Israël, l'enjeu stratégique est donc double : obtenir un désarmement vérifiable et irréversible, tout en évitant de recréer un vide de pouvoir que d'autres acteurs hostiles — qu'il s'agisse de factions rivales ou de parrains régionaux comme l'Iran — pourraient exploiter. Le vrai test de cet accord ne sera pas dans les communiqués de victoire, mais dans les mois qui suivront, quand il faudra vérifier, tunnel par tunnel, roquette par roquette, si les mots se traduisent en actes.

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