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Israël

Désarmement du Hamas : la vraie question n'est pas "si" mais "pour qui"

Le plan qui prévoit une cession progressive des armes du Hamas fait la une. Mais derrière l'apparente avancée diplomatique se cache un piège que les négociateurs occidentaux refusent de nommer.

Selon les informations rapportées par le Times of Israël, le plan en discussion sur Gaza prévoit que le Hamas cède **progressivement** ses armes, dans le cadre d'un accord plus large sur l'avenir de l'enclave. Une phase par phase, un calendrier étalé, des garanties internationales : sur le papier, c'est la promesse tant attendue d'une démilitarisation du territoire.

Mais soyons clairs : un désarmement "progressif" n'est pas un désarmement. C'est un sursis. L'histoire récente du Moyen-Orient est jonchée d'accords où le mot "progressif" a servi de synonyme à "jamais". Le Hezbollah devait lui aussi désarmer après 2006, en vertu de la résolution 1701 de l'ONU. Vingt ans plus tard, il dispose d'un arsenal plus sophistiqué qu'à l'époque. Pourquoi le Hamas ferait-il exception ?

Mais soyons clairs : un désarmement "progressif" n'est pas un désarmement.

Ce que révèle cette séquence, c'est surtout un rapport de force qui a changé. Le Hamas négocie un désarmement parce qu'il est militairement exsangue, isolé diplomatiquement même par ses anciens soutiens arabes, et parce que la pression américaine — via l'administration Trump — s'exerce désormais sans filtre sur tous les acteurs de la région, Iran compris. C'est une victoire tactique obtenue par la force, pas par la bonne volonté d'une organisation qui a inscrit la destruction d'Israël dans sa charte.

Là où la presse généraliste s'arrêtera au triomphe diplomatique et aux photos de poignées de main, il faut regarder ce que ce plan ne dit pas : qui vérifie, qui sanctionne, et surtout qui gouverne Gaza pendant que les armes sont "progressivement" cédées ? Un vide sécuritaire ou une administration bâclée transformerait ce calendrier en simple pause tactique, le temps de reconstituer des stocks via des tunnels ou une contrebande maritime, comme cela s'est déjà produit après chaque cessez-le-feu depuis 2008.

L'angle que personne ne souligne : ce plan de désarmement, s'il est réel, n'a de valeur que s'il s'accompagne d'un changement de paradigme idéologique — pas seulement matériel. Un Hamas désarmé mais toujours enseignant la haine dans les écoles, toujours financé par l'Iran via des canaux parallèles, reste une bombe à retardement. Israël, elle, ne peut pas se permettre de croire sur parole un adversaire qui a fait du mensonge stratégique une doctrine depuis 1987. La vigilance, plus que l'optimisme, doit rester la boussole face à ce round de négociations.

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