Midbar
← Retour
Israël

Désarmement du Hamas : pourquoi Israël a raison de dire non à l'accord de Trump

Washington claironne un accord « historique ». Jérusalem, elle, refuse de signer un chèque en blanc dont elle paierait seule le prix en vies humaines. Voici pourquoi ce refus n'est pas de l'entêtement, mais de la lucidité.

·Source : JForum

L'annonce a fait le tour du monde en quelques heures : Donald Trump revendique un accord sur le « désarmement complet » du Hamas à Gaza, assorti d'un calendrier de retrait israélien. Le Hamas, par la voix de ses cadres, confirme. La presse internationale titre sur un tournant historique. Mais du côté israélien, la réponse est nette : ce plan, tel qu'il est présenté, est rejeté.

Pourquoi ? Parce qu'un « accord sur le désarmement » qui ne prévoit ni mécanisme de vérification indépendant, ni calendrier contraignant, ni sanctions crédibles en cas de non-respect, n'est pas un accord : c'est une déclaration d'intention. Le Hamas a déjà démontré, à de multiples reprises depuis des décennies, sa capacité à instrumentaliser les trêves pour se réarmer, reconstruire ses tunnels et préparer le prochain assaut. Le 7 octobre n'était pas un accident : c'était l'aboutissement de années de patience stratégique pendant lesquelles la communauté internationale exigeait précisément d'Israël la retenue qu'on lui redemande aujourd'hui.

Ce que révèle cet épisode, c'est un schéma diplomatique répété : les puissances occidentales, pressées de tourner la page et d'afficher un succès de politique étrangère, préfèrent l'annonce spectaculaire à la vérification patiente. Trump a besoin d'une victoire diplomatique visible. Mais la sécurité des civils israéliens ne peut pas être l'otage d'un calendrier électoral ou d'un besoin de communication.

L'angle que peu soulignent : ce refus israélien n'est pas un « non » à la paix, c'est un « non » à l'amateurisme. Israël a payé, plus que quiconque, le prix des accords bâclés — d'Oslo au retrait unilatéral de Gaza en 2005. Chaque fois, la logique fut la même : céder du terrain contre des promesses verbales, et découvrir des années plus tard que l'ennemi avait profité du répit pour se renforcer. Refuser aujourd'hui de rejouer ce scénario, c'est tirer les leçons de l'histoire plutôt que les ignorer.

L'angle que peu soulignent : ce refus israélien n'est pas un « non »

La vraie question que la diplomatie internationale devrait se poser n'est pas « pourquoi Israël dit non ? » mais « pourquoi accepte-t-on encore, de la part du Hamas, des promesses sans garanties, alors qu'on n'accepterait jamais un tel flou de la part d'aucun autre acteur international ? » Tant que cette asymétrie de traitement perdurera, Israël continuera, à juste titre, de préférer sa propre sécurité vérifiable à l'applaudissement diplomatique de la communauté internationale.

#Israel#Gaza#Hamas#Midbar#ProcheOrient#Desarmement

À lire aussi

Désarmement du Hamas : pourquoi Israël a raison de dire non à l'accord de Trump — Midbar