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Désarmement du Hamas : pourquoi Israël a raison de ne pas sabrer le champagne

Le Hamas dit accepter de rendre ses armes. Sur le papier, c'est une victoire diplomatique. Sur le terrain, c'est un test que ce mouvement a déjà échoué mille fois — et voici pourquoi le scepticisme israélien n'est pas de la mauvaise foi, mais de la mémoire.

Le Hamas a confirmé avoir accepté, dans le cadre du plan porté par le Conseil pour la paix soutenu par Donald Trump, un principe de désarmement à Gaza. Un ministre israélien a immédiatement qualifié l'accord d'« inacceptable », tandis que d'autres voix, y compris à Jérusalem, saluent une avancée. Trump, lui, a présenté ce texte comme une percée historique.

Soyons clairs : qu'un mouvement fondé sur la destruction d'Israël déclare, sous pression internationale et militaire, être prêt à déposer les armes est en soi un aveu de faiblesse stratégique. Deux ans de guerre ont vidé le Hamas de ses capacités offensives structurées, décapité sa chaîne de commandement et isolé ses soutiens régionaux. Ce communiqué n'est pas un geste de bonne volonté : c'est la conséquence directe de la pression militaire israélienne.

Ce communiqué n'est pas un geste de bonne volonté : c'est la conséquence directe de la pression militaire israélienne.

Mais l'histoire nous a appris à distinguer une déclaration d'une réalité. Le Hamas a signé des trêves, des cessez-le-feu, des accords de réconciliation avec le Fatah — et les a violés systématiquement dès que le rapport de force le permettait. Un « accord sur le désarmement » sans mécanisme de vérification indépendant, sans calendrier contraignant et sans conséquences automatiques en cas de tricherie n'est qu'un morceau de papier de plus. Le scepticisme affiché par plusieurs ministres israéliens, à moins de trois mois d'élections législatives, n'est donc pas du cynisme électoraliste : c'est la seule posture rationnelle face à un acteur qui a fait de la duplicité une doctrine.

L'angle que la presse généraliste ne creuse pas assez, c'est celui-ci : ce timing électoral change tout le calcul politique israélien. Un accord perçu comme trop laxiste ferait l'objet d'une exploitation immédiate par l'opposition, mais un rejet en bloc, aux yeux de l'opinion internationale fatiguée par la guerre, isolerait Israël diplomatiquement au moment où il négocie sa sécurité à long terme. Le gouvernement marche donc sur un fil : montrer de la fermeté sans être accusé de saboter une paix que le monde entier veut croire possible.

La vraie question n'est pas de savoir si le Hamas « accepte » de se désarmer. C'est de savoir qui, concrètement, ira vérifier, sur le terrain, à Gaza, que les tunnels sont détruits et les arsenaux rendus — et ce qui se passera, réellement, le jour où ce ne sera pas le cas. Sur ce point, l'accord reste muet. Et c'est précisément là qu'Israël doit rester vigilant.

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