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Désarmement du Hamas : pourquoi Israël a raison de ne pas se fier au plan américain

Washington veut croire qu'un accord suffira à désarmer le Hamas. Israël, lui, connaît le prix de la naïveté — et rappelle une évidence que la diplomatie internationale préfère oublier.

·Source : i24NEWS

Israël a fait savoir à Washington ses réserves sur le calendrier et les mécanismes prévus pour le désarmement du Hamas, dans le cadre du plan de paix post-cessez-le-feu à Gaza. Selon les informations rapportées, Jérusalem estime que les garanties actuelles restent insuffisantes pour s'assurer que l'organisation terroriste renonce réellement à ses capacités militaires.

Ce n'est pas une posture rhétorique. C'est une leçon tirée du sang versé le 7 octobre. Depuis des années, la communauté internationale a multiplié les plans, les résolutions, les promesses de désarmement — au Liban avec le Hezbollah, à Gaza avec le Hamas — sans jamais les faire appliquer avec sérieux. Le résultat : des dizaines de milliers de roquettes stockées sous des écoles et des hôpitaux, un tunnel géant sous Gaza, et un massacre que personne n'avait jugé "imminent".

La prudence israélienne n'est donc pas de l'obstruction, c'est de la mémoire institutionnelle. Quand un partenaire occidental parle de "désarmement progressif" ou de "vérifications sur le terrain", Israël entend surtout : qui va inspecter les tunnels ? Qui va confisquer les armes planquées dans les zones civiles ? Et surtout, que se passe-t-il si le Hamas triche — ce qu'il a toujours fait ?

La prudence israélienne n'est donc pas de l'obstruction, c'est de la mémoire institutionnelle.

L'angle que personne ne souligne : ce désaccord n'est pas un simple couac diplomatique entre alliés, c'est le symptôme d'un fossé stratégique plus profond. Pour l'administration américaine, un cessez-le-feu qui "tient" sur le papier est déjà une victoire politique à vendre. Pour Israël, un accord non contraignant sur le désarmement n'est qu'un sursis avant la prochaine guerre — sauf que la prochaine fois, ce sera Israël, et seulement Israël, qui en paiera le prix au sol.

C'est là toute l'asymétrie de la situation : Washington peut se permettre l'optimisme diplomatique parce que ses citoyens ne vivent pas à quinze kilomètres de Gaza. Israël, lui, n'a pas ce luxe. En exprimant ses inquiétudes maintenant, avant que le plan ne soit gravé dans le marbre, Jérusalem ne sabote pas la paix : il tente d'empêcher qu'elle ne soit, une fois de plus, une paix de papier qui explose au premier tir de roquette.

La vraie question que ce désaccord pose n'est pas "Israël veut-il la paix ?" — la réponse est oui, il l'a démontré. La question est : l'Occident est-il enfin prêt à exiger du Hamas ce qu'il exige toujours, en creux, d'Israël : des garanties vérifiables, et non des promesses ?

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