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Israël

Désarmement du Hamas : pourquoi Israël dit "pas si vite" au plan Trump

Washington veut vendre la paix à Gaza comme un fait accompli. Israël, seul à devoir vivre avec les conséquences si le Hamas garde ses armes, refuse de signer un chèque en blanc.

·Source : Clicanoo

Le plan pour Gaza porté par Donald Trump prévoit un désarmement du Hamas encadré par une force internationale et une administration transitoire du territoire. Sur le papier, c'est une victoire diplomatique américaine. Dans les faits, Israël a fait savoir à Washington ses "inquiétudes" sur plusieurs points clés du texte, notamment les mécanismes concrets de désarmement et les garanties de sécurité qui l'accompagnent.

Ce n'est pas un caprice de dernière minute. C'est la différence fondamentale entre celui qui rédige un accord depuis une capitale à 9 000 kilomètres du front, et celui qui devra en assumer chaque faille avec la vie de ses citoyens. Les précédents ne manquent pas : des cessez-le-feu "garantis" par la communauté internationale qui n'ont jamais empêché le réarmement du Hamas ou du Hezbollah. Une force internationale sans mandat robuste de coercition, c'est un pansement sur une fracture ouverte.

Une force internationale sans mandat robuste de coercition, c'est un pansement sur une fracture ouverte.

Ce que révèle cet épisode, c'est qu'Israël refuse désormais de jouer le rôle du partenaire silencieux qui applaudit poliment un plan pensé ailleurs. Après deux ans de guerre, après avoir payé le prix du sang pour démanteler l'infrastructure militaire du Hamas pièce par pièce, Jérusalem n'a aucune intention de laisser un accord de papier restaurer ce que l'armée a détruit sur le terrain. C'est une forme de souveraineté stratégique assumée face à un allié précieux mais qui reste, sur ce dossier, spectateur des risques qu'Israël seul encourt.

L'angle que personne ne souligne : ces "inquiétudes" transmises discrètement à Washington ne sont pas un désaveu de Trump, mais un test de sa doctrine. Le président américain a construit son plan sur l'idée que la pression et le deal peuvent remplacer la dissuasion militaire. Israël, lui, sait depuis le 7 octobre qu'un ennemi qui prône ouvertement l'anéantissement du pays ne se "désarme" pas sur promesse. En posant ses conditions maintenant, avant même la mise en œuvre, Israël impose une chose simple : tout accord qui ne prévoit pas de conséquences réelles en cas de réarmement du Hamas ne sera pas un accord de paix, mais un sursis programmé pour la prochaine guerre. C'est cette exigence de fond, plus que la forme diplomatique, qui va déterminer si Gaza connaît vraiment une transition ou seulement une pause.

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