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Désarmement du Hezbollah : le vrai test commence maintenant

Un accord sur les pays chargés de vérifier le désarmement du Hezbollah vient d'être trouvé. Sur le papier, c'est une victoire israélienne. En réalité, c'est le début du seul combat qui compte : celui de la vérification, là où toutes les résolutions précédentes sont mortes.

Beyrouth et Jérusalem, par médiation américaine, se sont entendus sur la composition du mécanisme chargé de vérifier le désarmement du Hezbollah au sud du Litani. En parallèle, les discussions se poursuivent sur le tracé frontalier et les prisonniers, et l'ONU annonce le retour de plus de 800 000 déplacés dans leurs régions d'origine au Liban. Sur le terrain, Tsahal a annoncé ses premiers soldats tués depuis plus d'un mois dans le sud libanais : la guerre n'est pas finie, elle a changé de forme.

Disons-le clairement : que l'on discute aujourd'hui des *modalités de vérification* du désarmement du Hezbollah, et non plus de sa légitimité à porter les armes, est en soi un renversement historique. Pendant vingt ans, la résolution 1701 a été un texte sans huissier. Le Hezbollah s'est réarmé sous le nez de la FINUL, dans des villages transformés en dépôts de roquettes. Ce qui a changé la donne, ce n'est pas la diplomatie : c'est la décapitation de la chaîne de commandement du Hezbollah et l'effondrement du corridor iranien via la Syrie. La diplomatie ne fait qu'enregistrer un rapport de force créé par les armes.

D'où le danger. Un mécanisme de vérification est exactement le type d'objet que le Hezbollah sait digérer : il négocie le calendrier, conteste les sites, invoque la souveraineté libanaise, et transforme les inspecteurs en témoins impuissants de son propre rétablissement. Le vrai critère de succès n'est pas la signature : c'est la question de savoir si les vérificateurs pourront entrer, sans préavis, dans un village chiite du sud, et si Israël conservera sa liberté d'action quand ils ne le pourront pas.

L'angle que personne ne souligne : ce dossier n'est pas d'abord militaire, il est **économique**. Le Hezbollah n'est pas seulement une milice, c'est un État-providence parallèle — banque, indemnisations, reconstruction — qui achète la loyauté de sa base. Les 800 000 revenants ont besoin de maisons, d'écoles, de salaires. Celui qui paiera cette reconstruction achètera le sud-Liban. Si l'argent du Golfe et de l'Occident arrive conditionné au désarmement réel, le Hezbollah perd sa clientèle. S'il n'arrive pas, l'Iran rachètera le terrain à crédit, et le mécanisme de vérification vérifiera surtout sa propre inutilité.

L'angle que personne ne souligne : ce dossier n'est pas d'abord militaire, il est **économique**.

Israël a gagné la bataille militaire. La suivante se jouera à coups de virements bancaires — et Jérusalem aurait tort de la laisser à d'autres.

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