Arrêtons-nous sur ce rôle, parce qu'il est le vrai sujet. Le président d'Israël n'a pas de majorité, pas de parti, pas d'armée. Il a une tâche : écouter les listes élues, compter les recommandations, et confier à un député le soin de bâtir une coalition dans un délai fixé par la loi. Le nom qu'il prononcera n'est pas une couronne. C'est une charge, avec une horloge. Celui qui la reçoit peut échouer, et le pays le sait.
Voilà ce que Midbar veut souligner. Depuis deux ans, Israël se bat sur plusieurs fronts, enterre ses soldats, attend ses otages. Et dans ce temps-là, il a fait trois choses dans l'ordre : il a voté à la date prévue, il a compté jusqu'à la dernière enveloppe, et il remet maintenant le pouvoir par une procédure écrite, publique, datée. Pas par la rue, pas par un décret d'urgence. Un dimanche, une annonce, un nom. Beaucoup de pays en paix ne savent pas faire cela.
Depuis deux ans, Israël se bat sur plusieurs fronts, enterre ses soldats, attend ses otages.
Ceux qui veulent la fin d'Israël, à Téhéran, à Gaza, et ceux qui en Europe font profession de l'accabler, parient depuis le 7 octobre sur une chose : la fracture. Un pays trop divisé pour se gouverner. Ce qui se passera dimanche est la réponse la plus sobre qu'on puisse leur donner. Des millions d'Israéliens de toutes sensibilités, religieux et laïcs, de Bnei Brak à Tel-Aviv, attendront le même nom, prononcé par le même homme, selon la même loi. On peut se disputer sur le nom. On ne se dispute pas sur la règle.
Et pour nous, en diaspora, cela compte autant qu'à Jérusalem. Le gouvernement qui sortira de cette désignation sera le gouvernement de l'État-nation du peuple juif. Il parlera de nous à l'ONU, il recevra nos enfants qui montent en Israël, il répondra quand une synagogue brûlera quelque part. Nous n'y votons pas, mais nous en sommes. C'est pourquoi aucun Juif de France n'a à choisir son camp dans cette séquence : notre camp, c'est que la mission aboutisse, que le pays ait un gouvernement, et qu'il soit fort.
Alors l'angle que nous retenons n'est pas « qui ». C'est « comment ». Le jour où l'on ne saura plus s'étonner qu'un pays en guerre transmette le pouvoir par une annonce présidentielle un dimanche, c'est qu'on aura oublié ce que vaut une démocratie juive en vie. Midbar ne l'oublie pas. Dimanche, nous publierons le nom. Aujourd'hui, nous disons la règle, et notre fierté de la voir tenir.