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Israël

« Ils n'en ont pas besoin » : le jour où l'aide américaine à Israël est devenue un compliment

Mardi 3 novembre, un matin d'élection, Donald Trump a annoncé sur Fox News la fin de l'aide militaire annuelle à Israël pour la fin 2026. Rien n'est signé, le Congrès a son mot à dire et Jérusalem a été prise de court. Mais la raison invoquée, « ils n'en ont pas besoin », est la phrase qu'aucun adversaire d'Israël ne voulait entendre.

Mardi 3 novembre 2026, le matin des élections américaines de mi-mandat, Donald Trump a déclaré par téléphone sur Fox News que les États-Unis cesseraient de verser leur aide militaire annuelle à Israël à la fin de l'année. « We won't be paying Israel anymore », a-t-il dit, en affirmant qu'un accord avait été conclu « il y a des mois » avec Benjamin Netanyahou, et que c'est le premier ministre israélien qui aurait soulevé le sujet. Pourquoi arrêter ? « Because they don't need it. » Israël, a-t-il ajouté, « a été un grand allié, bien plus fiable que la plupart », et pourra « acheter tout ce qu'il veut ».

Avant de s'emballer, les faits. L'aide repose sur un protocole d'accord signé le 14 septembre 2016 : 38 milliards de dollars sur dix ans, soit 3,8 milliards par an (les « 4 milliards » de Trump sont un arrondi), jusqu'en septembre 2028. Ce protocole n'est pas un traité et les crédits sont votés chaque année par le Congrès : une parole présidentielle ne les annule pas à elle seule, rappelle le Jerusalem Post. Aucun document n'a été présenté, le bureau du premier ministre n'a rien publié. Un responsable des Finances cité par Walla reconnaît que le ministère « connaissait l'intention d'y mettre fin, mais a été surpris par l'intention de le faire immédiatement ». Un haut responsable financier cité par Ynet chiffre deux années d'aide à 8 milliards de dollars. Gadi Eisenkot, attendu pour recevoir le premier mandat de formation du gouvernement, a exigé des réponses « ce soir » : c'est la parole d'un adversaire politique en pleine négociation de coalition, et on la rapporte comme telle.

Sur le fond, pourtant, rien de neuf : la sortie de l'aide est un objectif israélien. Le 24 décembre 2025, Netanyahou annonçait 350 milliards de shekels pour « une industrie d'armement indépendante » afin de « réduire la dépendance envers quiconque, y compris les alliés ». En mai 2026, sur CBS : « We've come of age. » Le 1er juin, dans une lettre à un élu américain : le temps est venu « de passer de bénéficiaire à partenaire ». Le même jour, l'ambassadeur Mike Huckabee écrivait que le nouveau protocole « met fin à l'aide et sera fondé sur le commerce ». Ce qui sépare les deux hommes, c'est le calendrier : une décennie chez Netanyahou, deux mois chez Trump.

Un détail que l'on lit rarement : ce chèque finance d'abord des usines américaines. Selon une note du Quincy Institute de mai 2026, la part que Jérusalem pouvait dépenser chez elle, environ un quart des 3,3 milliards de subventions d'achat, devait de toute façon tomber à zéro d'ici 2028. L'aide est déjà, pour l'essentiel, une commande passée à l'industrie des États-Unis.

Et c'est ici que l'annonce dit quelque chose d'inattendu. Trump l'a expliqué sans détour : les « 4 milliards » sont, selon lui, le « mauvais talking point » que la gauche brandit comme un signe d'injustice, et il a nommé Abdul El-Sayed, candidat démocrate au Sénat dans le Michigan, qui réclame des limites à l'aide. Tout Juif de Paris, de Montréal ou de New York connaît cette phrase : « vos 4 milliards ». Le jour où l'aide s'arrête, le slogan tombe, et il ne reste que ce que Trump a dit mardi : un allié « plus fiable que la plupart », assez fort pour qu'on cesse de le financer.

Tout Juif de Paris, de Montréal ou de New York connaît cette phrase : « vos 4 milliards ».

Le prix existe, 8 milliards selon Ynet, et le rythme reste à négocier, avec le Congrès et avec la coalition qui se forme à Jérusalem. C'est à Israël, pas à un plateau de télévision, de fixer la cadence de sa propre majorité. Mais le cap, lui, rassemble tout le peuple : un pays qu'on finance, on le tient ; un pays avec lequel on commerce et on invente, on le respecte. « We've come of age. » Pour une fois, c'est l'allié qui le dit.

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