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France

« Dissoudre à l'acide » : Rima Hassan devant le tribunal, et la cible n'est pas Israël

L'eurodéputée LFI comparaît mercredi à Paris pour « apologie publique de crime ou délit », avant un second procès en octobre pour apologie du terrorisme. Le calendrier judiciaire livre une leçon que les Juifs connaissent par cœur : la rhétorique de l'élimination ne s'arrête jamais à sa première cible.

Rima Hassan, députée européenne La France insoumise, franco-palestinienne, comparaît ce mercredi devant le tribunal correctionnel de Paris. Le chef de poursuite est précis : « apologie publique de crime ou délit ». Deux publications distinctes sur Instagram sont en cause. Et ce rendez-vous n'est que le premier : un second procès, consacré cette fois à l'apologie du terrorisme, est programmé en octobre.

Parmi les éléments versés au débat public, le collectif féministe Némésis a diffusé le 14 septembre la capture d'un message repartagé sur le compte officiel de l'eurodéputée : « DISSOUDRE NÉMÉSIS À L'ACIDE ». Le collectif, qui se présente comme concerné par l'affaire, précise que l'audience « commence mercredi ». C'est au tribunal, et à lui seul, de dire si ce repartage constitue une infraction. Mais le fait est là, capture à l'appui, et il n'a pas été démenti dans les éléments dont nous disposons.

Midbar ne juge pas les acteurs sur leur étiquette. Il les juge sur leurs actes, leurs votes et leurs mots. Or ici, ce sont les mots qui sont sur la table, et pas n'importe lesquels. Dès le 20 octobre 2025, Jean Quatremer écrivait : « Rima Hassan assume clairement d'être Rima Hamas. C'est bien, les masques tombent, l'islamisation de la cause palestinienne est claire. » Un an plus tard, ce n'est plus un commentateur qui pose la question, c'est la justice de la République, et elle la pose deux fois de suite.

Regardons ce que ces deux audiences disent, prises ensemble. Le procès d'octobre portera sur l'apologie du terrorisme : c'est le terrain que l'on attend, celui du Hamas, du 7-Octobre, de la « résistance » revendiquée. Mais le procès de mercredi, le premier, ne parle ni d'Israël, ni de Tsahal, ni de Gaza. Il parle d'un collectif de femmes françaises et d'un appel à les « dissoudre à l'acide », relayé depuis le compte officiel d'une élue du Parlement européen.

C'est là que se loge la lecture que la presse généraliste ne fera pas. Pendant deux ans, la défense de Rima Hassan et de La France insoumise a tenu en une phrase : « nous critiquons un État, pas des personnes ». Le premier dossier examiné par un juge ne concerne pas un État. Il concerne des Françaises désignées nommément comme cibles d'une violence physique. La rhétorique de l'anéantissement, entraînée sur les Juifs et sur Israël, a trouvé une autre proie, en France, sur un sujet qui n'a rien à voir avec le Proche-Orient.

Il concerne des Françaises désignées nommément comme cibles d'une violence physique.

Les Juifs de France n'ont aucune raison de s'en étonner. Ils savent qu'on ne peut pas passer deux ans à banaliser l'idée qu'un peuple mérite ce qui lui arrive sans que cette idée déborde. Elle déborde sur les femmes, sur les journalistes, sur quiconque contredit la « cause ». Ce mercredi, ce sont des féministes qui en font l'expérience devant un tribunal.

Reste la question que Midbar pose à ses lecteurs, de gauche comme de droite : que fera La France insoumise ? Un repartage sur un compte officiel n'est pas une opinion, c'est un geste public d'élue. Si le mouvement de Jean-Luc Mélenchon couvre ce geste comme il a couvert les précédents, il dira à la France entière que sa ligne rouge n'existe pas. S'il s'en démarque, il reconnaîtra qu'elle a été franchie. Dans les deux cas, ce procès juge une élue, mais il éclaire un parti.

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