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Gaza : en autorisant la reconstruction hors des zones du Hamas, Israël change d'arme

Netanyahou vient d'ouvrir la reconstruction de Gaza dans les seuls secteurs échappant au Hamas. Ce n'est pas une concession humanitaire : c'est la première offensive israélienne menée avec des grues plutôt qu'avec des chars.

Selon i24news, Benjamin Netanyahou a autorisé le lancement de travaux de reconstruction dans une zone de la bande de Gaza située hors du contrôle du Hamas, c'est-à-dire dans les secteurs demeurant sous supervision israélienne depuis le cessez-le-feu. Le principe est simple et explicite : là où le Hamas n'a plus la main, on rebâtit ; là où il règne encore, rien ne bouge.

Disons-le clairement : c'est une décision politique majeure, et elle est intelligente. Depuis deux ans, Israël se bat sur deux fronts, celui du terrain et celui du récit. Sur le second, il a longtemps été enfermé dans un rôle qu'on lui imposait — celui du destructeur. En liant explicitement la reconstruction à l'absence du Hamas, Jérusalem inverse la charge de la preuve. Ce ne sont plus les Israéliens qui doivent justifier les ruines : c'est le Hamas qui doit expliquer aux Gazaouis pourquoi, dans son fief, les gravats restent des gravats.

C'est aussi une réponse à la question que personne n'avait su trancher : le « jour d'après ». Plutôt qu'un plan grandiose négocié dans des conférences internationales, Israël teste une méthode incrémentale, presque cadastrale — zone par zone, mètre carré par mètre carré. Le Hamas perd ainsi ce qui a toujours été son fonds de commerce le plus rentable : le contrôle des flux d'aide et de matériaux, transformés depuis des années en instrument de pouvoir, de racket et de tunnels.

C'est aussi une réponse à la question que personne n'avait su trancher : le « jour d'après ».

L'angle que peu relèveront : cette décision crée, pour la première fois, une frontière visible à l'intérieur même de Gaza. Non pas une ligne militaire, mais une ligne de prospérité. D'un côté, des chantiers, de l'électricité, un début de vie normale. De l'autre, l'immobilisme d'une organisation qui n'a jamais rien construit d'autre que sa propre survie. Cette asymétrie-là est une arme redoutable, parce qu'elle ne se combat ni avec des roquettes ni avec des résolutions de l'ONU. Elle s'adresse directement à la population gazaouie, en langage concret.

Rien n'est joué. Le risque existe que le Hamas s'infiltre dans les zones reconstruites, ou que la pression internationale exige d'étendre les travaux partout, sans condition — ce qui viderait le levier de tout son sens. Israël devra tenir bon sur ce point : la reconstruction n'est pas un droit inconditionnel, c'est la contrepartie de la démilitarisation.

Et si la vraie défaite du Hamas ne se jouait pas dans un tunnel de Rafah, mais dans le regard d'un père de famille gazaoui comparant deux quartiers ?

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