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Israël

Gaza : Israël ne « trahit » pas le plan de paix, il en écrit enfin la clause manquante

On accuse Israël de réécrire le plan de paix en cours de route. La vérité est plus simple : Jérusalem refuse de signer un accord qui laisserait le Hamas armé et intact. Ce n'est pas de la mauvaise foi, c'est le seul enseignement du 7-Octobre.

·Source : Le Temps

Le constat, largement repris par la presse européenne, est le suivant : depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu et l'adoption du plan en vingt points parrainé par Washington, Israël aurait progressivement déplacé les lignes — sur le calendrier des retraits, sur la « ligne jaune », sur les conditions de passage à la phase suivante, sur la force internationale de stabilisation et sur le désarmement du Hamas. Le mot employé est celui de « réécriture ». Il est présenté comme un réquisitoire.

Regardons les choses en face. Un plan de paix n'est pas un texte sacré : c'est un mécanisme conditionnel. Chaque étape suppose que la précédente ait été honorée. Or le Hamas n'a jamais accepté publiquement de rendre ses armes, il conserve un appareil de coercition à Gaza, il a fait traîner la restitution des corps d'otages, et il continue de se comporter en autorité armée. Dans ces conditions, ce qui serait irresponsable, ce n'est pas d'ajuster la mise en œuvre : ce serait de l'appliquer mécaniquement au profit d'un mouvement qui a montré, le 7 octobre 2023, ce qu'il fait d'un statu quo confortable.

Car c'est là le fond du débat. Le 7-Octobre est né d'un pari israélien perdu : celui de la « gestion du conflit », des permis de travail contre le calme, de la trêve monétisée. Israël avait accepté un cadre stable avec une organisation qui préparait un massacre. Le pays a payé ce pari 1 200 morts et 251 otages. Exiger aujourd'hui des garanties de désarmement vérifiables avant tout retrait supplémentaire n'est pas de la surenchère : c'est le minimum vital d'un État qui a appris à ses dépens la différence entre un accord et une illusion.

L'angle que personne ne souligne : ce bras de fer sur les détails est en réalité un transfert de responsabilité. En refusant d'avancer sans désarmement, Israël oblige les parrains du plan — Washington, mais aussi le Caire, Doha, Ankara, Abou Dhabi — à répondre eux-mêmes à la question qu'ils ont soigneusement laissée ouverte : qui désarme le Hamas, avec quels soldats, et qui gouverne Gaza ensuite ? Tant que cette réponse n'existe pas, chaque « réécriture » israélienne est en fait un révélateur.

L'angle que personne ne souligne : ce bras de fer sur les détails est en réalité un transfert de responsabilité.

Et si la vraie fragilité du plan n'était pas l'obstination israélienne, mais le vide que cette obstination met en lumière ? Israël ne sabote pas la paix. Il refuse d'acheter une accalmie à crédit, dont ses enfants paieraient les intérêts.

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