On accuse Israël de réécrire le plan de paix en cours de route. La vérité est plus simple : Jérusalem refuse de signer un accord qui laisserait le Hamas armé et intact. Ce n'est pas de la mauvaise foi, c'est le seul enseignement du 7-Octobre.
Le constat, largement repris par la presse européenne, est le suivant : depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu et l'adoption du plan en vingt points parrainé par Washington, Israël aurait progressivement déplacé les lignes — sur le calendrier des retraits, sur la « ligne jaune », sur les conditions de passage à la phase suivante, sur la force internationale de stabilisation et sur le désarmement du Hamas. Le mot employé est celui de « réécriture ». Il est présenté comme un réquisitoire.
Regardons les choses en face. Un plan de paix n'est pas un texte sacré : c'est un mécanisme conditionnel. Chaque étape suppose que la précédente ait été honorée. Or le Hamas n'a jamais accepté publiquement de rendre ses armes, il conserve un appareil de coercition à Gaza, il a fait traîner la restitution des corps d'otages, et il continue de se comporter en autorité armée. Dans ces conditions, ce qui serait irresponsable, ce n'est pas d'ajuster la mise en œuvre : ce serait de l'appliquer mécaniquement au profit d'un mouvement qui a montré, le 7 octobre 2023, ce qu'il fait d'un statu quo confortable.


