La presse internationale y voit une brouille avec Washington. Nous y voyons autre chose : Israël refuse de signer un texte qui transformerait le désarmement du Hamas en promesse indéfiniment reportée. Et ce refus, aussi coûteux soit-il, est le seul qui protège l'avenir.
Les faits d'abord. Benyamin Netanyahou a rejeté le plan en 15 points porté par l'administration Trump pour la suite de Gaza, jugeant insuffisantes ses garanties sur le désarmement du Hamas. Jérusalem maintient sa position : pas de retrait israélien tant que le désarmement n'est pas *vérifié*. Le Hamas, de son côté, affirme respecter l'accord et appelle Washington à faire pression sur Israël. Un émissaire du dispositif international a été dépêché pour apaiser les esprits. La presse européenne, elle, titre déjà sur le "torpillage" du plan américain.
Ce cadrage mérite d'être démonté. On présente le refus israélien comme un entêtement personnel, presque une humeur. C'est ignorer ce que trente ans d'accords ont appris à Israël : un texte qui reporte le désarmement à une phase ultérieure ne le produit jamais. La résolution 1701 devait désarmer le Hezbollah au sud du Litani ; il y a construit un arsenal. Oslo devait produire une autorité pacifiée ; elle a produit la deuxième Intifada. Israël ne dit pas non à la paix : il dit non à une architecture où sa seule carte — la présence militaire — est échangée contre des engagements que personne ne fera respecter à sa place.


