Le Hamas accepte, Israël refuse : la presse y voit un Israël isolé. Nous y voyons l'inverse — un État qui a appris, à ses dépens, que le papier ne désarme personne, et qui refuse de rejouer 1993, 2005 et 2023.
Les faits d'abord. Un plan américain pour Gaza a été rendu public ; le Hamas a annoncé l'accepter ; Benyamin Netanyahu l'a "rejeté", le jugeant inacceptable en l'état. Aussitôt, la mécanique éditoriale occidentale s'est mise en marche : Israël "bloque la paix", Israël "crée l'incertitude", Israël "défie Trump". Et le Hamas, lui, appelle Washington à faire pression sur Jérusalem — le mouvement qui a massacré 1 200 personnes le 7 octobre 2023 se retrouve promu partenaire raisonnable d'un processus diplomatique.
C'est précisément là qu'il faut s'arrêter. Quand une organisation dont la charte prévoit la destruction d'Israël accepte un texte en quelques heures, la question honnête n'est pas "pourquoi Israël refuse-t-il ?" mais "qu'est-ce que le Hamas croit y gagner ?". Un mouvement armé n'accepte pas un cadre qui le désarme, le dissout et l'exclut du pouvoir. S'il dit oui, c'est qu'il a lu, dans les zones grises du texte, une survie possible : une trêve pour se reconstituer, une reconnaissance politique, un statut d'interlocuteur. Le "oui" du Hamas est une arme diplomatique, pas une reddition.


