La presse résume l'affaire à une formule commode : le Hamas dit oui, Israël dit non. C'est précisément l'inversion que Jérusalem doit refuser — car ce que le Hamas a accepté, c'est un texte qui lui permet de survivre.
Les faits d'abord. Un plan américain en quinze points, portant notamment sur la suite de la trêve à Gaza, le désarmement du Hamas et l'avenir de la gouvernance de l'enclave, a été rendu public. Le Hamas a fait savoir qu'il l'acceptait, en appelant Washington à faire pression. Benjamin Netanyahou a annoncé le rejet du texte par Israël, un rejet réitéré depuis. La séquence a été instantanément mise en scène par une large partie de la presse internationale : d'un côté un mouvement islamiste soudain "raisonnable", de l'autre un Israël "bloquant la paix".
Cette mise en scène est le vrai événement. En dix-huit mois, le Hamas a compris quelque chose de décisif : dire "oui" ne coûte rien, et rapporte énormément. Un oui verbal, sans calendrier contraignant de désarmement, sans mécanisme de vérification, sans renoncement à son contrôle sécuritaire réel, ne l'engage à rien — mais il transfère instantanément la charge de la culpabilité sur Jérusalem. C'est une opération de communication, pas une capitulation. Et elle fonctionne : le titre "Israël rejette le plan accepté par le Hamas" a fait le tour du monde en quelques heures.
Et elle fonctionne : le titre "Israël rejette le plan accepté par le Hamas" a fait le tour du monde en quelques heures.


