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Gaza : pourquoi le "non" d'Israël au plan en 15 points n'est pas un caprice

La presse résume l'affaire à une formule commode : le Hamas dit oui, Israël dit non. C'est précisément l'inversion que Jérusalem doit refuser — car ce que le Hamas a accepté, c'est un texte qui lui permet de survivre.

Les faits d'abord. Un plan américain en quinze points, portant notamment sur la suite de la trêve à Gaza, le désarmement du Hamas et l'avenir de la gouvernance de l'enclave, a été rendu public. Le Hamas a fait savoir qu'il l'acceptait, en appelant Washington à faire pression. Benjamin Netanyahou a annoncé le rejet du texte par Israël, un rejet réitéré depuis. La séquence a été instantanément mise en scène par une large partie de la presse internationale : d'un côté un mouvement islamiste soudain "raisonnable", de l'autre un Israël "bloquant la paix".

Cette mise en scène est le vrai événement. En dix-huit mois, le Hamas a compris quelque chose de décisif : dire "oui" ne coûte rien, et rapporte énormément. Un oui verbal, sans calendrier contraignant de désarmement, sans mécanisme de vérification, sans renoncement à son contrôle sécuritaire réel, ne l'engage à rien — mais il transfère instantanément la charge de la culpabilité sur Jérusalem. C'est une opération de communication, pas une capitulation. Et elle fonctionne : le titre "Israël rejette le plan accepté par le Hamas" a fait le tour du monde en quelques heures.

Et elle fonctionne : le titre "Israël rejette le plan accepté par le Hamas" a fait le tour du monde en quelques heures.

Disons-le clairement : un accord qui laisse le Hamas armé n'est pas un accord de paix, c'est un calendrier pour le prochain 7 octobre. Israël a déjà signé, en 2006 comme en 2014, des arrangements qui reportaient la question du désarmement à plus tard. "Plus tard" a un nom, et il s'appelle Nova, Beeri, Kfar Aza. Refuser un texte flou n'est pas refuser la paix : c'est refuser de financer la reconstitution d'une armée terroriste sous supervision internationale.

L'angle que personne ne souligne, le voici : ce bras de fer ne se joue pas entre Israël et le Hamas, mais entre Israël et l'architecture du "jour d'après". Qui garantit ? Qui contrôle les tunnels ? Qui a le droit de rentrer, et avec quel mandat ? Le Hamas ne signe pas un plan de paix, il signe une candidature à la survie institutionnelle — sous parrainage qatari, avec l'espoir d'être requalifié en interlocuteur.

Et c'est là que se joue l'intérêt vital d'Israël, qui ne se mesure pas en communiqués mais en décennies. Le pire scénario pour Jérusalem n'est pas un titre hostile de plus dans la presse. C'est un texte signé sous applaudissements, qui gèle la victoire militaire à mi-chemin et inscrit dans le droit international un Hamas affaibli mais légitimé. Un "non" aujourd'hui peut valoir mille vies demain. Israël l'a appris de la manière la plus dure qui soit.

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