Bogota reconnaît la souveraineté israélienne sur le plateau du Golan, Netanyahou remercie, Beyrouth s'indigne. Derrière la surprise diplomatique, une leçon que la presse généraliste n'a pas vue : le monopole onusien sur la définition des frontières d'Israël est en train de se fissurer, État par État.
La Colombie a reconnu la souveraineté d'Israël sur le plateau du Golan. Benjamin Netanyahou a salué publiquement cette décision, tandis que le Liban l'a immédiatement rejetée, la qualifiant de validation d'une « annexion ». Jusqu'ici, seuls les États-Unis, en 2019 sous Donald Trump, avaient franchi ce pas. La Colombie devient donc le deuxième pays au monde à le faire — et le premier d'Amérique latine.
Rappelons les faits, puisqu'ils sont systématiquement escamotés. Le Golan n'est pas un caprice territorial : c'est un balcon d'où l'artillerie syrienne a pilonné les kibboutzim de Galilée pendant dix-neuf ans, jusqu'en 1967. Israël a pris ces hauteurs dans une guerre défensive, les a conservées après une nouvelle tentative d'invasion en 1973, et y a étendu son droit en 1981. Depuis, aucun habitant du nord d'Israël n'a été bombardé depuis ces crêtes. Face à l'effondrement de la Syrie, à la présence iranienne et aux milices chiites, l'idée de « rendre » le Golan relève aujourd'hui du suicide stratégique. Personne de sérieux ne le propose plus.
Face à l'effondrement de la Syrie, à la présence iranienne et aux milices chiites, l'idée de « rendre »


