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Golan : la Colombie brise le tabou, et c'est un séisme diplomatique que personne n'avait vu venir

Bogota reconnaît la souveraineté israélienne sur le plateau du Golan. Derrière ce geste d'un pays lointain se joue bien plus qu'un symbole : la fin du monopole onusien sur ce qui est "légal" au Proche-Orient.

·Source : Le Figaro

La Colombie a annoncé reconnaître l'annexion du plateau du Golan par Israël. Le territoire, conquis à la Syrie lors de la guerre des Six Jours en 1967, avait été placé sous loi israélienne en 1981. Jusqu'ici, seuls les États-Unis, sous la présidence de Donald Trump en 2019, avaient franchi ce pas. La Colombie devient donc le deuxième État au monde à le faire — un revirement d'autant plus frappant qu'elle sortait d'années de tensions ouvertes avec Jérusalem.

Disons-le clairement : c'est une victoire israélienne. Pas une victoire militaire, pas même économique — une victoire de légitimité. Depuis des décennies, les adversaires d'Israël misent sur une stratégie d'usure juridique : accumuler les résolutions, les rapports, les avis consultatifs, jusqu'à transformer une position politique en "vérité du droit international". Le Golan est la pièce maîtresse de ce dispositif, parce qu'il est le seul territoire dont Israël a formellement étendu la loi. Chaque fissure dans le consensus contre l'annexion fragilise l'ensemble de l'édifice.

Et le Golan est le dossier où la position israélienne est la plus solide. Ce plateau n'est pas un caprice : c'est le balcon d'où l'artillerie syrienne bombardait la Galilée avant 1967. Aujourd'hui, l'idée de rendre ces hauteurs à Damas — après quinze ans de guerre civile, d'implantation iranienne et de milices affiliées au Hezbollah — n'est pas une position morale, c'est une proposition suicidaire. Le réel a tranché avant les juristes.

Voici l'angle que personne ne souligne : l'important n'est pas la Colombie, c'est le précédent de méthode. Pendant vingt ans, on a expliqué aux Israéliens que la reconnaissance internationale était un bloc monolithique, à prendre ou à laisser. Bogota démontre l'inverse : la légitimité se construit État par État, bilatéralement, hors des enceintes multilatérales verrouillées. C'est exactement la logique des accords d'Abraham appliquée au droit territorial.

Voici l'angle que personne ne souligne : l'important n'est pas la Colombie, c'est le précédent de méthode.

Et il y a une leçon plus profonde pour les communautés juives de France. Nous avons intériorisé l'idée qu'un "consensus international" hostile était une fatalité, un décor immuable devant lequel il ne resterait qu'à s'excuser. Le dossier colombien prouve que ce décor bouge. Les positions diplomatiques ne sont pas des lois de la nature : ce sont des rapports de force, des intérêts et des récits. Ce qui se déplace dans un sens peut se déplacer dans l'autre. À condition d'arrêter de considérer la défaite narrative comme déjà écrite.

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