Pendant que le monde ne regarde qu'un front, une route commerciale entre Mumbai, Haïfa et l'Europe se dessine. Si elle voit le jour, Israël cesse d'être un « problème régional » pour devenir un verrou du commerce mondial — et c'est précisément pour ça que ses ennemis feront tout pour la tuer.
Le projet s'appelle IMEC — *India-Middle East-Europe Economic Corridor*. Lancé en marge du G20 de New Delhi en 2023, il prévoit de relier l'Inde à l'Europe par un enchaînement de ports et de voies ferrées traversant les Émirats, l'Arabie saoudite, la Jordanie et Israël, avec Haïfa comme porte de sortie vers la Méditerranée. La JTA le rappelle : c'est sans doute la plus grande histoire moyen-orientale dont personne ne parle. Et elle reste suspendue à une condition simple et brutale : que la région cesse de se battre.
Ce silence médiatique est en soi révélateur. La presse généraliste ne sait raconter Israël qu'au prisme de la guerre, du conflit, du décompte. Un projet qui présente l'État juif non comme un abcès mais comme une **infrastructure indispensable** ne rentre pas dans la grille de lecture dominante. Or IMEC dit exactement cela : sans Haïfa et sans les rails israéliens, la route indienne vers l'Europe reste plus longue, plus chère, et dépendante de goulots — Suez, Bab el-Mandeb — que les Houthis ont démontré savoir étrangler à volonté.


