Le Hamas accepte, Israël refuse : le paradoxe apparent cache l'essentiel. Quand une organisation terroriste dit oui à un texte, ce oui est en soi le meilleur argument pour le lire deux fois. Décryptage d'un refus que Jérusalem seule pouvait assumer.
Benjamin Netanyahou a rejeté le plan américain en 15 points pour Gaza, présenté par l'administration Trump comme « la seule voie à suivre ». Le Hamas, lui, l'a accepté. Les chancelleries occidentales s'indignent, les éditorialistes titrent sur « l'isolement » d'Israël, et le Conseil de la paix rappelle qu'il n'existe pas d'alternative sur la table.
Commençons par le fait qui devrait ouvrir tous les papiers et qui n'ouvre presque aucun : le Hamas a dit oui. Une organisation qui a massacré 1 200 personnes le 7 octobre 2023, qui a fait de l'enlèvement de civils une doctrine et qui refuse depuis vingt ans de reconnaître l'existence même d'Israël, valide un document de paix. Soit le Hamas s'est converti au pacifisme, soit ce texte lui laisse une porte de sortie. L'expérience de Jérusalem — Oslo, le retrait de 2005, les cessez-le-feu de 2012, 2014, 2021 — enseigne laquelle des deux hypothèses est la plus probable.
Commençons par le fait qui devrait ouvrir tous les papiers et qui n'ouvre presque aucun : le Hamas a dit oui.


