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Israël dit non au plan Trump : ce refus n'est pas un caprice, c'est une leçon de souveraineté

Le Hamas accepte, Israël refuse : le paradoxe apparent cache l'essentiel. Quand une organisation terroriste dit oui à un texte, ce oui est en soi le meilleur argument pour le lire deux fois. Décryptage d'un refus que Jérusalem seule pouvait assumer.

·Source : France 24

Benjamin Netanyahou a rejeté le plan américain en 15 points pour Gaza, présenté par l'administration Trump comme « la seule voie à suivre ». Le Hamas, lui, l'a accepté. Les chancelleries occidentales s'indignent, les éditorialistes titrent sur « l'isolement » d'Israël, et le Conseil de la paix rappelle qu'il n'existe pas d'alternative sur la table.

Commençons par le fait qui devrait ouvrir tous les papiers et qui n'ouvre presque aucun : le Hamas a dit oui. Une organisation qui a massacré 1 200 personnes le 7 octobre 2023, qui a fait de l'enlèvement de civils une doctrine et qui refuse depuis vingt ans de reconnaître l'existence même d'Israël, valide un document de paix. Soit le Hamas s'est converti au pacifisme, soit ce texte lui laisse une porte de sortie. L'expérience de Jérusalem — Oslo, le retrait de 2005, les cessez-le-feu de 2012, 2014, 2021 — enseigne laquelle des deux hypothèses est la plus probable.

Commençons par le fait qui devrait ouvrir tous les papiers et qui n'ouvre presque aucun : le Hamas a dit oui.

Ce refus est donc moins un rejet de la paix qu'un rejet d'une certaine paix : celle qui se signe vite, se photographie bien et laisse intacte l'infrastructure militaire et idéologique qui a rendu le 7 octobre possible. Israël paie déjà le prix des accords conclus pour rassurer l'opinion internationale plutôt que pour protéger ses civils. Un État qui a enterré ses enfants n'a pas le droit d'acheter un applaudissement à crédit sur la sécurité de la génération suivante.

Et voici l'angle que personne ne souligne : ce « non » est adressé à Donald Trump, c'est-à-dire à l'allié le plus favorable qu'Israël ait connu depuis longtemps. Cela dit quelque chose d'immense. La souveraineté israélienne n'est pas une variable d'ajustement de la sympathie américaine. Dire non à un ami, c'est prouver que les oui précédents n'étaient pas de la soumission. Aucun autre pays de la région ne peut se le permettre ; c'est précisément ce qui distingue une démocratie souveraine d'un protectorat.

À moyen terme, ce refus pourrait renforcer Israël plus qu'il ne l'isole. Il oblige Washington à renégocier sur des critères de sécurité vérifiables — désarmement, gouvernance, garanties — plutôt que sur un calendrier politique. L'Histoire juive a une constante : les peuples qui confient leur survie à la signature des autres ne survivent pas longtemps. Israël vient de rappeler qu'il a retenu la leçon.

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