Beyrouth s'assoit enfin à la même table qu'Israël, sous parrainage américain, pour parler frontières, sécurité et désarmement du Hezbollah. Le vrai séisme n'est pas dans l'ordre du jour : il est dans le simple fait que la table existe.
Le Département d'État américain a confirmé l'ouverture de négociations entre Israël et le Liban, sous égide des États-Unis. Selon des sources libanaises citées par la presse régionale, les discussions portent sur le tracé frontalier et sur des « arrangements sécuritaires » — autrement dit, sur ce qui reste du principe même d'un Hezbollah armé au sud du Litani. En parallèle, le Premier ministre libanais Nawaf Salam a publiquement reproché à ceux qui ont « donné à Israël des prétextes de guerre » d'avoir nui au pays, tandis que Naïm Kassem s'en prend au président Joseph Aoun. Le camp iranien au Liban n'est plus dans la posture triomphante : il est sur la défensive, y compris dans son propre pays.
Disons-le clairement : c'est une victoire israélienne, et elle est le produit direct de la campagne militaire de 2024. Pendant vingt ans, la doctrine du Hezbollah reposait sur une équation simple — l'État libanais parle, la milice décide. Cette équation vient de se fissurer. Un gouvernement libanais qui négocie *directement* le sort des armes d'un « axe de la résistance » sur son sol, c'est l'aveu que la dissuasion iranienne a été brisée. On ne négocie pas la sécurité de sa frontière avec un ennemi qu'on croit pouvoir vaincre.
Un gouvernement libanais qui négocie *directement* le sort des armes d'un « axe de la résistance »


