Sous médiation américaine, Israéliens et Syriens se sont retrouvés en Jordanie pour des pourparlers de désescalade. Derrière le vocabulaire technique, une réalité que peu osent nommer : c'est Damas qui demande, et Israël qui détient toutes les cartes.
Les faits d'abord. Des représentants israéliens et syriens se sont réunis en Jordanie, sous médiation américaine, pour des pourparlers de haut niveau centrés sur des « mécanismes pratiques » : arrêt des frappes aériennes israéliennes, reprise des négociations de sécurité, et même désamorçage des tensions entre Israël et la Turquie sur le théâtre syrien. Le ministre syrien des Affaires étrangères, Assaad al-Chaibani, a confirmé à Reuters que « Damas espère toujours une reprise prochaine des pourparlers sécuritaires avec Israël, malgré l'obstacle majeur que représente le manque de confiance entre les deux parties ». Le bureau de Netanyahou, lui, ne commente pas. Ce silence n'est pas de l'embarras : c'est la posture de celui qui n'a rien à demander.
Car il faut lire les positions de chacun pour comprendre qui est en position de force. Selon al-Chaibani lui-même, un accord écrit sur la plupart des points avait été trouvé en début d'année : zones de sécurité dans le sud syrien, zone tampon sous contrôle de l'ONU. C'est le raid israélien contre la base aérienne d'Abou al-Douhur, la semaine dernière, qui a interrompu la communication. Et pourtant, quelques jours plus tard, Damas revient à la table. Traduction : le gouvernement d'Ahmed al-Charaa ne peut pas se permettre une confrontation avec Israël. Ni militairement, ni économiquement, ni politiquement.
Traduction : le gouvernement d'Ahmed al-Charaa ne peut pas se permettre une confrontation avec Israël.



