Quand Israël Katz accuse Erdogan « d'entraîner la Turquie dans de dangereuses aventures en Syrie », il ne s'agit pas d'une simple passe d'armes verbale : c'est la reconnaissance officielle que le prochain grand duel stratégique du Moyen-Orient oppose désormais Jérusalem à Ankara — et non plus à Téhéran.
Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a lancé un avertissement d'une rare fermeté à Recep Tayyip Erdogan, l'accusant d'« entraîner la Turquie dans de dangereuses aventures en Syrie ». Dans le même temps, le chef d'état-major de Tsahal, Eyal Zamir, s'est rendu en territoire syrien pour rappeler qu'Israël « ne tolérera pas de forces hostiles » à sa frontière nord. Le message est coordonné, calibré, et adressé à un seul destinataire : Ankara.
Cette double prise de parole n'a rien d'anodin. Depuis la chute du régime Assad, la Syrie est devenue un vide stratégique que la Turquie s'empresse de combler : influence sur le nouveau pouvoir de Damas, ambitions de bases militaires, projection vers le sud. Pour Israël, c'est un scénario connu — et redouté. Après avoir passé une décennie à démanteler l'arc iranien en Syrie, Jérusalem refuse de voir un axe turc s'y substituer, fût-il estampillé OTAN.



