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Kushner à Jérusalem : la « phase 2 » de Gaza se jouera à Washington autant qu'à Tel-Aviv

L'envoi de Jared Kushner en Israël n'est pas une visite de courtoisie : c'est le signe que l'administration américaine veut accélérer la suite du plan Gaza. Pour Israël, l'enjeu n'est pas de dire oui ou non — mais de transformer une pression alliée en levier stratégique.

·Source : i24NEWS

Selon plusieurs sources rapportées par i24NEWS et l'AFP, Jared Kushner devrait se rendre prochainement en Israël pour discuter de la suite du plan américain sur Gaza. Objectif affiché : faire avancer les étapes suivantes du cessez-le-feu — désarmement du Hamas, mécanisme de gouvernance de l'enclave, force internationale de stabilisation — et, selon plusieurs médias israéliens, presser Benjamin Netanyahou d'accélérer.

Disons-le clairement : cette visite est une bonne nouvelle avant d'être une contrainte. Depuis le 7 octobre 2023, Israël a payé le prix du sang pour démanteler la machine militaire du Hamas. Le risque, aujourd'hui, n'est pas la pression américaine — c'est le vide. Un Gaza sans autorité claire, c'est un Gaza où le Hamas se reconstitue sous couvert d'« administration civile », comme il l'a fait après 2007, après 2014, après 2021. Chaque fois que la question du jour d'après a été repoussée, c'est l'organisation terroriste qui a rempli l'espace.

Disons-le clairement : cette visite est une bonne nouvelle avant d'être une contrainte.

Là où l'analyse générale se trompe, c'est en lisant ce dossier comme un bras de fer Washington-Jérusalem. Kushner n'est pas un émissaire hostile : il est l'architecte des accords d'Abraham, c'est-à-dire du seul cadre diplomatique qui ait produit des gains réels pour Israël en trente ans. Sa présence signifie que la Maison-Blanche traite Gaza non comme un dossier humanitaire isolé, mais comme le verrou d'une architecture régionale plus vaste. Le désarmement du Hamas n'est pas une concession arrachée à Israël : c'est la condition posée par les États du Golfe eux-mêmes pour financer et légitimer l'après-guerre.

L'angle que personne ne souligne : le véritable test ne sera pas la signature d'un document, mais l'identité de ceux qui tiendront les postes-frontière et les circuits d'aide. Le Hamas a toujours reconquis Gaza par la logistique avant de la reconquérir par les armes — en contrôlant les camions, les caisses, les salaires. Si la « phase 2 » ne tranche pas cette question-là, tout le reste sera cosmétique.

Israël a donc intérêt à entrer dans cette négociation offensivement, pas défensivement : poser ses lignes rouges vérifiables — désarmement mesurable, droit d'action contre toute reconstitution militaire, refus d'un guichet unique aux mains d'acteurs complaisants. Une pression alliée bien utilisée vaut mieux qu'un isolement confortable. C'est là que se joue, discrètement, la sécurité israélienne de la prochaine décennie.

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