L'envoyé de Donald Trump a rencontré al-Sissi puis des représentants du Hamas avant de se rendre en Israël. Derrière l'image d'un négociateur pressé se joue une bataille sur la définition même de la victoire israélienne — et le vrai interlocuteur n'est pas celui qu'on croit.
Jared Kushner, envoyé spécial de l'administration Trump, a rencontré en Égypte le président Abdel Fattah al-Sissi ainsi que des représentants du Hamas, avant un déplacement en Israël. À l'ordre du jour : la mise en œuvre des phases suivantes du plan américain pour Gaza — désarmement, gouvernance de l'après-guerre, force internationale de stabilisation.
Que Washington parle au Hamas par l'entremise du Caire n'est pas une nouveauté et ce n'est pas, en soi, un scandale : les médiations passent toujours par des canaux qu'on préférerait ne pas fréquenter. Le vrai enjeu est ailleurs. À chaque cycle de négociation, le Hamas rejoue la même partition : il concède le vocabulaire, jamais la substance. Il accepte de « discuter » du désarmement, évoque un « gel » des armes, propose un « comité technocratique » — et gagne ce qui lui manque le plus : du temps, de la respectabilité, un siège à la table. Une organisation qui négocie son avenir politique avec l'envoyé du président américain a déjà empoché une victoire symbolique, quel que soit le résultat.
— et gagne ce qui lui manque le plus : du temps, de la respectabilité, un siège à la table.


