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Israël

Le Golan reconnu par Bogota : la digue diplomatique du "jamais" vient de céder

En reconnaissant la souveraineté israélienne sur le plateau du Golan, la Colombie ne fait pas qu'un geste symbolique : elle fissure le dogme onusien selon lequel Israël serait le seul État au monde condamné à ne jamais sécuriser ses frontières. Analyse d'une brèche que peu ont vue venir.

·Source : rfi.fr

La Colombie vient de reconnaître la souveraineté d'Israël sur le plateau du Golan, rejoignant les États-Unis, qui avaient franchi ce pas en 2019 sous Donald Trump. Le revirement est spectaculaire : Bogota était, sous la présidence de Gustavo Petro, devenue l'une des capitales les plus hostiles à Jérusalem d'Amérique latine, allant jusqu'à la rupture des relations diplomatiques en 2024. Le balancier repart dans l'autre sens.

Rappelons les faits, puisque la presse généraliste les oublie volontiers. Le Golan n'a pas été "pris" lors d'une aventure coloniale : il a été conquis en 1967 après dix-neuf ans durant lesquels l'artillerie syrienne bombardait depuis ces hauteurs les kibboutzim de la vallée du Jourdain. Israël l'a rendu ? Non : il a proposé de négocier, et Damas a répondu par la guerre de Kippour en 1973. Depuis, la Syrie s'est effondrée dans une décennie de massacres, l'Iran et le Hezbollah s'y sont installés. Un Golan syrien aujourd'hui, ce serait des lance-roquettes iraniens surplombant la Galilée.

Ce que révèle la décision colombienne, c'est l'usure d'un dogme. Pendant cinquante ans, la "communauté internationale" a traité le Golan comme une abstraction juridique, indifférente à la question la plus élémentaire : qui, concrètement, tiendrait ces crêtes si Israël s'en retirait ? Bogota répond enfin par le réel. Et c'est une victoire diplomatique israélienne d'autant plus significative qu'elle vient d'un continent où la propagande anti-israélienne avait cru gagner la bataille culturelle.

L'angle que personne ne souligne : cette reconnaissance est aussi un message adressé à la nouvelle Syrie post-Assad. Alors que Damas cherche sa réintégration internationale et que certains rêvent tout haut d'un "accord de paix" incluant une restitution du plateau, la Colombie vient de rappeler que la carte peut bouger dans les deux sens. Chaque capitale supplémentaire qui reconnaît le Golan israélien réduit la valeur d'échange de ce territoire dans une future négociation — et donc la tentation, à Jérusalem, de le monnayer.

L'angle que personne ne souligne : cette reconnaissance est aussi un message adressé à la nouvelle Syrie post-Assad.

Enfin, une leçon pour les communautés juives francophones : la diplomatie latino-américaine n'est pas une fatalité idéologique, elle est un rapport de force qui se travaille. Petro a cru pouvoir faire de l'antisionisme un marqueur identitaire permanent. Il aura suffi d'un cycle politique pour que cela se retourne. Ce qui est réversible ailleurs l'est aussi en Europe.

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