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« Levez les sanctions, on parlera » : l'offre iranienne qui inverse l'ordre des choses, et Trump se dit « ouvert »

Téhéran se dit prêt à négocier sur son programme nucléaire — à condition que Washington lève d'abord les sanctions. Donald Trump répond qu'il est « ouvert ». Entre ces deux phrases se loge tout ce qu'Israël a à perdre : la séquence.

·Source : i24NEWS

Les faits sont minces, et c'est justement leur minceur qui compte. Ce lundi 14 septembre, rapporte i24NEWS, l'Iran a fait savoir qu'il était prêt à négocier sur son programme nucléaire — à condition que Washington lève les sanctions. Dans la même journée, le Times of Israël relevait la réponse de Donald Trump : il se dit « ouvert » à la discussion avec Téhéran.

Deux phrases, pas un texte, pas un calendrier, pas un lieu. Mais dans une négociation, la première phrase de chaque camp dit ce qu'il veut vraiment. Et celle de Téhéran mérite d'être lue mot à mot.

D'abord le verbe. L'Iran propose de « négocier » son programme, pas d'y renoncer. Un programme que l'on négocie est un programme que l'on garde sur la table, donc que l'on prétend posséder légitimement. Le mot « démantèlement » — le seul qui compte pour Israël — n'apparaît nulle part.

Ensuite l'ordre. La condition posée n'est pas « arrêtez de nous frapper », ni « reconnaissez notre droit à l'enrichissement » : c'est « levez les sanctions ». Ce qu'un négociateur exige en premier est ce dont il manque le plus. Au sortir d'une confrontation militaire directe, le régime demande de l'argent avant tout le reste. C'est la bonne nouvelle de la journée : la pression économique mord, et assez fort pour que Téhéran le dise à voix haute.

La condition posée n'est pas « arrêtez de nous frapper », ni « reconnaissez notre droit à l'enrichissement »

La mauvaise nouvelle tient dans l'asymétrie. Une sanction levée est, en pratique, irréversible : les fonds débloqués sont dépensés, et l'on devine où — un Hezbollah à reconstruire, des Houthis à réarmer, des centrifugeuses à remplacer. Une promesse iranienne sur l'enrichissement, elle, se reprend en un communiqué. Échanger l'irréversible contre le réversible, c'est la définition même d'un mauvais accord, et la région en a déjà fait l'expérience.

Donald Trump est un ami d'Israël, et Midbar ne l'oublie pas. Mais l'amitié ne dispense pas de vigilance : elle l'autorise. Le mot « ouvert » n'engage à rien, et c'est précisément pour cela qu'il faut le surveiller. L'administration ne se jugera pas sur son intention, mais sur la séquence qu'elle acceptera. Sanctions d'abord, ou démantèlement d'abord : tout est là. Benjamin Netanyahou, lui, sera jugé sur sa capacité à imposer cet ordre-là à Washington — c'est le cœur de son bilan sur l'Iran, bien plus que n'importe quel discours.

Reste l'angle que la dépêche ne dit pas. Ce que Téhéran achète avec cette phrase, ce n'est pas encore un accord : c'est du temps. Un État qui « se dit prêt à négocier » devient, du jour au lendemain, un État que l'on ne frappe plus — parce qu'on ne bombarde pas une table de négociation. L'offre elle-même, avant tout résultat, fonctionne comme un bouclier diplomatique : chaque semaine de « pourparlers en préparation » est une semaine où les centrifugeuses tournent à l'abri. La réponse israélienne ne devrait donc pas porter sur le contenu des discussions, mais sur leur horloge : pas de négociation sans date de fin, pas de levée sans acte vérifiable préalable.

Un dernier mot, fidèle à notre boussole. Les sanctions frappent un peuple, et ce peuple n'est pas notre ennemi : c'est celui que son régime pend et appauvrit, comme nous l'écrivions hier. Le régime le sait, et c'est la misère des Iraniens qu'il met aujourd'hui sur la table pour sauver son programme. Refuser de lever les sanctions sans démantèlement, ce n'est pas punir les Iraniens : c'est refuser au régime de se servir d'eux une fois de plus.

#Iran#Nucléaire#Trump#Israël#Sanctions#Téhéran#Midbar

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