Après des frappes meurtrières dans le sud du Liban, Netanyahou réclame des négociations « plus sérieuses ». Ce n'est pas une contradiction : c'est la doctrine israélienne d'après-guerre, où la pression militaire devient la seule grammaire que Beyrouth comprend encore.
Des frappes israéliennes ont visé le sud du Liban, faisant selon les bilans libanais neuf à onze morts, et provoquant la fuite de centaines d'habitants de la région de Nabatiyé. Tsahal affirme avoir ciblé des infrastructures et des cadres du Hezbollah, dont un quartier général du mouvement. Dans la foulée, Benyamin Netanyahou a appelé le Liban à des discussions « plus sérieuses ». Le président libanais Joseph Aoun y a vu un « message clair » sur les négociations. Le Hezbollah, lui, menace d'une « riposte appropriée ».
**Ce que révèle la séquence.** Depuis le cessez-le-feu de novembre 2024, l'État libanais s'est engagé à désarmer le Hezbollah au sud du Litani. Cet engagement n'a jamais été tenu à la hauteur des promesses : la milice chiite reconstitue ses stocks, réoccupe des positions, rétablit ses lignes de financement. Israël, échaudé par les quinze années où la résolution 1701 est restée lettre morte, a tiré la seule leçon possible : un accord qui n'est pas appliqué n'est pas un accord, c'est un délai offert à l'ennemi. La frappe n'est donc pas l'échec de la diplomatie, elle en est le carburant. Chaque cadre éliminé, chaque dépôt détruit rappelle à Beyrouth que le statu quo a désormais un prix.
Chaque cadre éliminé, chaque dépôt détruit rappelle à Beyrouth que le statu quo a désormais un prix.


