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Israël

Liban-Sud : le recadrage américain de Katz révèle le vrai enjeu — qui garantit la sécurité du Nord ?

Washington désavoue publiquement Israël Katz sur le maintien de Tsahal au Liban-Sud. Derrière la friction diplomatique, une question qu'aucun communiqué n'ose poser : qui paiera le prix si le Hezbollah se reconstitue une troisième fois ?

Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a déclaré que Tsahal ne se retirerait pas des cinq points qu'elle tient au Liban-Sud. Washington a réagi sèchement, jugeant ces propos contraires à l'esprit des arrangements de cessez-le-feu de novembre 2024 et au mécanisme de supervision qu'il copréside. En parallèle, l'administration américaine pousse Beyrouth à accélérer le désarmement du Hezbollah et soutient un canal de négociations directes israélo-libanaises.

Disons-le franchement : sur le fond, Katz a raison, même si le tempo de sa déclaration est discutable. Ces cinq positions ne sont pas des trophées, ce sont des points de surplomb au-dessus de villages d'où, le 7 octobre 2023 et durant les mois suivants, des roquettes ont vidé le nord d'Israël de dizaines de milliers d'habitants. Aucun gouvernement israélien ne peut expliquer à Kiryat Shmona ou Metula qu'on rend le terrain avant que la menace soit démantelée. La résolution 1701 avait déjà promis un Liban-Sud sans Hezbollah : elle a produit l'inverse, sous le regard de la FINUL.

Le recadrage américain est donc moins une sanction qu'un signal de gestion : Washington veut protéger un processus dont il est le parrain, et éviter que Beyrouth n'ait un prétexte pour ne rien faire. Mais il y a un risque réel pour Israël : que la friction publique déplace le sujet. Le débat cesse d'être « le Hezbollah se réarme-t-il ? » pour devenir « Israël se retire-t-il ? ». C'est exactement l'échange de sujet que recherche l'axe iranien depuis un an.

Mais il y a un risque réel pour Israël : que la friction publique déplace le sujet.

L'angle que personne ne souligne : cette dispute est en réalité un test grandeur nature du modèle de « garanties américaines » qu'on promet aussi à Israël pour Gaza, et demain pour tout arrangement régional. Si une garantie signifie qu'Israël doit se retirer d'abord et faire confiance ensuite, elle ne vaut rien — 2006 l'a démontré. Si elle signifie que le retrait est indexé, point par point, sur un désarmement vérifiable, alors elle a une valeur stratégique immense.

Autrement dit, ce qui se joue au Liban-Sud n'est pas un différend sur cinq collines. C'est la définition même de ce que vaut une promesse de sécurité pour l'État juif. Israël a intérêt à transformer la friction en marchandage explicite : chaque point rendu contre un jalon vérifié de désarmement. Ce serait la première fois qu'un retrait israélien achèterait autre chose que du temps pour l'ennemi.

#Israël#Liban#Hezbollah#Tsahal#Midbar#GéopolitiqueMoyenOrient

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