Midbar
← Retour
Israël

Malki Roth, 25 ans après : quand un État "ami" protège une tueuse d'enfants

Vingt-cinq ans après l'attentat du Sbarro, la complice du massacre vit libre à Amman, célébrée à la télévision. Ce n'est pas un dossier judiciaire en souffrance : c'est le test le plus simple, et le plus révélateur, de ce que vaut réellement une "paix froide".

·Source : JTA

Le 9 août 2001, un kamikaze du Hamas se fait exploser dans la pizzeria Sbarro, au coin de Jaffa et du roi George, en pleine Jérusalem. Quinze morts, dont sept enfants. Parmi eux, Malki Roth, 15 ans. Un quart de siècle plus tard, son père, Arnold Roth, reprend la plume dans la presse juive pour poser une question que personne ne veut entendre : pourquoi la femme qui a guidé le terroriste vers la cible reste-t-elle libre ?

Ahlam Tamimi a choisi le lieu — un restaurant plein d'enfants — et accompagné le kamikaze. Condamnée à seize peines de perpétuité en Israël, elle est libérée en 2011 dans l'échange contre Gilad Shalit, puis s'installe en Jordanie. Elle y anime des émissions, raconte son "exploit" sans un frémissement, et vit à l'abri : Amman refuse de l'extrader vers les États-Unis, qui la réclament pour le meurtre de ressortissants américains et l'ont inscrite sur la liste des terroristes les plus recherchés.

Ce dossier est un révélateur. La Jordanie est présentée comme le partenaire arabe modéré par excellence : traité de paix depuis 1994, coopération sécuritaire, aide américaine massive. Or on lui demande une chose minuscule — livrer une femme qui se vante d'avoir tué des enfants — et la réponse est non, au nom d'un vice de procédure sur un traité d'extradition jamais ratifié. Traduction politique : dans l'opinion jordanienne, Tamimi n'est pas un embarras, c'est une héroïne. Voilà le vrai plafond de la "paix froide" : des accords entre États, sans jamais désarmer les récits qui produisent les tueurs.

Traduction politique : dans l'opinion jordanienne, Tamimi n'est pas un embarras, c'est une héroïne.

L'angle que peu relèveront : l'affaire Tamimi n'est pas un vestige des années 2000, c'est la matrice de tout ce qui a suivi. Elle est le prototype vivant de la libération négociée — la preuve, offerte au Hamas dès 2011, que l'enlèvement paie et que la perpétuité israélienne est révisable. Chaque accord d'échange conclu depuis vit sous cette ombre. Et chaque année d'impunité pour Tamimi enseigne la même leçon aux candidats au martyre.

D'où l'exigence concrète : faire de l'extradition de Tamimi un point de passage obligé de tout dialogue occidental avec Amman, et cesser de traiter la mémoire des victimes comme une variable diplomatique. Arnold Roth se bat depuis vingt-cinq ans sans État derrière lui. Le minimum que nous devons à Malki, c'est de ne pas laisser son nom s'éteindre avant que justice soit faite.

#Midbar#MalkiRoth#Sbarro#Jerusalem#Israel#Terrorisme#Justice#Jordanie#NeverForget

À lire aussi

Malki Roth, 25 ans après : quand un État "ami" protège une tueuse d'enfants — Midbar