Vingt-cinq ans après l'attentat du Sbarro, la complice du massacre vit libre à Amman, célébrée à la télévision. Ce n'est pas un dossier judiciaire en souffrance : c'est le test le plus simple, et le plus révélateur, de ce que vaut réellement une "paix froide".
Le 9 août 2001, un kamikaze du Hamas se fait exploser dans la pizzeria Sbarro, au coin de Jaffa et du roi George, en pleine Jérusalem. Quinze morts, dont sept enfants. Parmi eux, Malki Roth, 15 ans. Un quart de siècle plus tard, son père, Arnold Roth, reprend la plume dans la presse juive pour poser une question que personne ne veut entendre : pourquoi la femme qui a guidé le terroriste vers la cible reste-t-elle libre ?
Ahlam Tamimi a choisi le lieu — un restaurant plein d'enfants — et accompagné le kamikaze. Condamnée à seize peines de perpétuité en Israël, elle est libérée en 2011 dans l'échange contre Gilad Shalit, puis s'installe en Jordanie. Elle y anime des émissions, raconte son "exploit" sans un frémissement, et vit à l'abri : Amman refuse de l'extrader vers les États-Unis, qui la réclament pour le meurtre de ressortissants américains et l'ont inscrite sur la liste des terroristes les plus recherchés.


